Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 16:08

 

   Pour que les amoureux de Ronce gardent en mémoire certaines singularités ou bizarreries  ronçoises de jadis et d'aujourd'hui, il nous a paru souhaitable de montrer ces quelques clichés.  La plupart sont connus, d'autres pourront surprendre, intriguer ou amuser.

 

   Des histoire d'arbres.


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       Sur l'ancienne route qui mène de  La Tremblade à Ronce, on aperçoit sur la droite un pin qui a subi les ravages du  temps. Une de ses branches maîtresse a dû être coupée.

 

 

 

Ronce moderne (3)

                                           Cet arbre avait initialement la forme d' un lance-pierre ou de la lettre Y.

 

 

Entrées de Ronce

                                              Il y a une cinquantaine d'années, il avait vraiment fière allure.

 

 

Ronce moderne (133)

  A la nouvelle entrée de Ronce, un immense pin parasol couvrait de ses sombres ramages les trois quarts de la route.

 

 

Copie de Ronce moderne (613)

        Parce qu'il était envahissant, il est devenu une gêne pour effectuer les travaux nécessaires à l'évacuation des eaux pluviales.


 

Ronce moderne (646)

      Son sort était scellé. Sa disparition en 2010  a ému les protecteurs de la nature et bien au-delà, tous ceux qui le considéraient comme un repère et une figure tutélaire de Ronce.

 

 

Entrées de Ronce (19)

        Force est de constater que Dame nature est facétieuse. Peut-être pour montrer sa relation fusionnelle avec La Tremblade, la station de Ronce les Bains imite sa grande soeur en arborant sur son ancienne entrée un pin majestueux  de forme presque identique.

 

 

Entrées de Ronce (17)

             Cet arbre  qui se trouvait sur le côté droit de l'actuelle avenue de l'Océan  après l'allée d'Anchoine précédait dans le temps son semblable. On aperçoit dans le fond le panneau indicateur de Ronce.

 

 

 

Mus de Loup (5)

                                                       L'arbre le plus emblématique du Mus de Loup.

 

 

Mus de Loup (1)

     Combien de générations d'enfants ont pris leur premier cours d'équitation sur ce pin qui dominait la Seudre !

 

 

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           Qui a dit qu'un pin ne pouvait pas pousser sur le béton du blockhaus de la Cèpe ?

     

  Quelques villas et autres bâtiments.

 

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                                   Un bel exemple de l'Art nouveau que ce motif décoratif  sur la villa l' Ensolleillée.


 

 

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          La belle villa  Edja d'inspiration orientale dont la balustrade du balcon vient d'être refaite à l'identique.

 

Ronce moderne (71)

           Quand le Casino voit le jour en 2007, un parking occupe l'espace laissé vacant par la démolition du temple en préfabriqué. L'allée du temple qui subsiste toujours nous remémore son existence.

 

 

 

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                         Cet édicule hexagonale nommé Béranger est  visible allée des Camélias

 

 

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                                    Ses gargouilles réprésentant des dragons affamés l'ont rendu célèbre.

 

 

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                               La cabane au fond du jardin chère à Cabrel vient de disparaître.


  Des distractions hétéroclites.


chaumière (55)

         Dans le dancing et sur la terrasse de la Chaumière les tables sont dressées pour accueillir plus de deux cents convives.

 

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                    Depuis les années cinquante, le comité miss France se déplaçait chaque année à La Chaumière

 

 

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                Existe encore actuellement à Ronce un fronton qui permettait de jouer à la pelote basque.

      Ramuntcho (115)

                                                 Dans les années trente, sur la place Brochard, on joue au croquet.

 

 

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                                     La tour du Gardour devrait échapper à la destruction.

 

Copains de ronce 60-70 (141)

       Depuis des decennies,  elle a servi de lieu d'entraînement aux passionnés d'escalade.

 

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                                 Vue aérienne de la plage de l'Embellie avant qu'elle ne s'ensable.

 

galon d'or,embellie,pointe (67)

       Dans les années 60, trône sur la plage de l'Embellie le Tiki, un bateau bar restaurant qui se transforme en  nigth-club à partir de 22 heures.

 

Grand chalet (70)

 

 L'allée du petit lac rappelle que dans cet espace, le Grand Chalet offrait à ses clients la possibilité de canoter sur ses eaux au début du XXème siècle.

 

Grand chalet (44)

                                 Le lac a été asséché car l'eau stagnante attirait les moustiques.

 

 

Ramuntcho (130)

   Dans ces années 30, rien de plus agréable que de se retrouver en famille sur la plage de la Cèpe surtout quand elle est presque déserte.

 

 

Ronce moderne (44)

                                                                        Sans commentaires.      No comment.

 

 

                                                                                                                                  Daniel Chaduteau.

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Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 15:18

 

                        Une pluie d’étoiles sur la Villa Fantaisie d’Arvert.

 

  

"Mon âme a son secret, ma vie a son mystère". Ce premier vers du célèbre sonnet du poète Arvers, paru en 1833 dans son recueil Mes heures perdues, garde un tempo magique et envoûtant. Dès 1868 Georges Bizet sous le titre Ma vie a son secret le met en musique. Serge Gainsbourg, en 1961, suivra son exemple. Mais pourquoi donc faire référence à cet auteur et à cette poésie pour débuter ce nouveau sujet. ?

  Arvers est l’homonyme de la localité dont il va être question. C’est là, à quelques encablures de Ronce  et de La Tremblade que, comme le souligne le slogan de son office du tourisme, on vient se ressourcer entre mer et vert. C’est le pays des claires, où l’on affine les huîtres de Marennes Oléron. Enfin, pendant très longtemps, c’était le rendez-vous des gourmets dans l’hôtel restaurant de la Villa Fantaisie qui doit son rayonnement à la famille d’Allain Giraud que nous avons rencontré.


a La Villa Fantaisie, rue du moulin à Arvert

                                            La Villa Fantaisie, rue du moulin à Arvert.

 

  Les Ancelet et les Giraud, les deux familles voisines de la rue du  moulin.

La Villa Fantaisie, située rue du  moulin de Cabouci, est la propriété de ses grands parents maternels les Ancelet. Son grand-père Albert Ancelet qui a épousé Germaine Potet (alias Madeleine) est à la fois un ostréiculteur et un viticulteur.


b A la fenêtre de la Villa Fantaisie, Madeleine Ancelet, l

   Madeleine Ancelet, la grand-mère d'Allain et d'Annick Giraud apparaît à la fenêtre de la Villa Fantaisie.


Il possède également non loin de ses claires un troupeau de vaches dans sa ferme de l’Eguiatte tenue par un métayer. Alain se souvient qu’à la sortie des classes de l’école de garçons d’Arvert il rejoignait avec empressement  son aïeul à la ferme.


c L'école primaire fréquentée par allain

                                                       L'école primaire d'Arvert fréquentée par Allain

 

Juché sur une charrette tirée par un cheval et fier comme Artaban, il effectuait la tournée en sa compagnie et l’aidait à déposer, en soirée, les bidons de lait frais devant les maisons. Quant à ses grands parents  paternels, Emile Giraud et son épouse Joséphine Le Gall, ils habitent juste à côté de la Villa Fantaisie. Leur fils Pierre Giraud est le compagnon de jeux de sa voisine Odile Ancelet. Dès son plus jeune âge, Pierrot comme elle le surnomme est « son bon ami. » Pierre trouve un emploi  presque naturellement chez Albert Ancelet, homme très exigeant qui a le goût du travail bien fait. Il dirige une équipe de quatre personnes qui a en charge l’entretien des claires et des vignes. Odile, elle aussi, a été embauchée par son père. Elle s’occupe de la gestion et de la comptabilité des Etablissements Ancelet et côtoie quotidiennement Pierrot. Les deux jeunes gens décident de se marier. De cette union naîtront deux enfants Allain et sa sœur Annick.

 

  Une vocation précoce.

Allain, à onze ans, quitte la presqu’île et poursuit sa scolarité comme interne au collège privé de Saintes, Notre Dame de Recouvrance.


d Classe de quatrième. Au centre l'abbé Baron.Allain est

    Photo de la Classe de 4ème. Au centre, l'abbé Baron. Allain est au second rang sous la croix. A sa gauche, Michel Courtin

 

Après l’obtention de son BEPC, son goût pour les métiers de bouche et particulièrement pour la restauration l’oblige à migrer, pendant trois ans, au lycée hôtelier Amédée Gasquet de Clermont-Ferrand.


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Brigade de restaurant à l'Ecole hôtelière. Allain est le second à partir de la gauche. Son ami  Michel Parigot penche la tête

 

Lors de ses études, il a l’opportunité de suivre un stage organisé par son Ecole hôtelière pas très loin de chez lui, à Pontaillac. Il a dix sept ans. Il officie comme sommelier sous les ordres Mr Zimermann, maître d’hôtel au Grand hôtel de la plage et d’Angleterre aujourd’hui transformé en appartements.


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                        Derrière le Sporting de Pontaillac, le Grand hôtel de la plage et d'Angleterre

 

  Ce dernier qui remarque les qualités professionnelles naissantes de son apprenti lui propose de l’accompagner à la fin de ses études au Waldorf Astoria de New York. Mais Madeleine, sa mère, Odile, s’y oppose formellement. Il faut dire que le fait d’avoir rencontré en Auvergne une jeune et jolie coiffeuse prénommée Josiane participe grandement à atténuer sa déception. A  dix-neuf ans, tous les diplômes en poche il retourne, dans la presqu’île qui l’a vu naître.  L’année suivante, il épouse Josiane dans le chef-lieu du Puy-de-Dôme. Le jeune couple décide alors de s’installer à la Villa Fantaisie, Allain aux fourneaux et Josiane qui a abandonné peignes et ciseaux, en salle.


G Réveillon 68. Soirée en famille. De gauche à droite, A

            Réveillon en famille en 1968. De gauche à droite Allain, Josiane, Laurent, leur fils, et Odile Giraud

 

Petite histoire de La Villa Fantaisie.

         Les bâtiments du vaste domaine de plus d’un hectare ont sans doute été construits au XIXème siècle. A la fin de l’Occupation, Albert et Madeleine ont l’idée pour remercier leurs meilleurs clients de leur offrir, à tour de rôle, le séjour à la Villa.h La Villa Fantaisie dans les années 50

                          La Villa Fantaisie dans les années 50 avant les transformations


Huit ans plus tard, Odile, constatant que leurs hôtes ne tarissent pas d’éloges sur ce lieu de villégiature, décide d’interrompre cette faveur en disant avec réalisme et franchise : « Puisque les gens sont si bien, on va les faire payer. » Les deux années suivantes, la Villa accueille des jeunes filles venues passer leurs vacances. De 1955 à 1960, elle accepte également des familles. En 1960, Pierre Giraud et son épouse Odile engagent des travaux de construction et de rénovation. C’est  le 30 avril 1961 qu’a lieu l’inauguration de la nouvelle Villa Fantaisie, qualifiée par le journal Sud Ouest, de relais touristique et gastronomique, en présence de nombreux élus et amis de la famille. Le journaliste qui relate l’événement présidé par Mr Valentin Guillon, maire d’Arvert, souligne : «  L’ambiance de bonne humeur de sympathie et de franche gaieté qui régnait durant cette cérémonie » et il conclut d’une façon prophétique : «  Le service au champagne et petits gâteaux était assuré par les propriétaires, leurs enfants et le personnel, service copieux et impeccable qui permit à chacun de concevoir que, dans un avenir plein de promesses, Fantaisie, saura tenir sa place. »

 Avec le recul, Allain ne partage pas tous les propos dithyrambiques du journaliste. De 1961 à 1964, en dehors de la saison, la Villa Fantaisie héberge en semaine des séminaires de cinq jours qui se concluent le samedi par un banquet. Une clientèle de passage ou locale fréquente le restaurant le samedi soir et surtout le dimanche. L’été, l’établissement fonctionne sur réservations à l’exemple de la pension de famille, La Pergola, à Ronce. Ce n’est qu’en 1965, suite à des travaux d’aménagement complémentaires qu’elle devient un relais de tourisme à part entière avec l’obtention, tout d’abord, de deux étoiles puis de trois en 1972.

 

i Publicité des années 60

                                                                               Publicité des années 60

 

 Un environnement propice au développement.

  A partir de cette époque, la Villa  trouve sa vitesse de croisière. Du personnel est évidemment engagé, la cuisine plus élaborée. Allain dirige une brigade de huit personnes. Le même nombre officie en salle sous la férule de Josiane. En comptant les femmes de chambres, les lingères, les plongeurs, la Villa dispose d’une équipe de vingt cinq  employés.


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    Le personnel de cuisine et de salle encadré par Allain, à droite, et par son fils Laurent, à gauche


Ce nombre est indispensable pour contenter une clientèle attirée par le bouche à oreille et  une publicité soignée. Il est vrai que l’établissement bénéficie d’une conjoncture favorable en ce milieu des années 60 grâce au lancement du programme de constructions nouvelles de la station balnéaire de la Palmyre et à l’implantation du zoo privé qui, en quelques années, en s’agrandissant et en s’embellissant, va devenir le zoo privé le plus visité de France. Les  promoteurs de ces deux projets ambitieux sont Mr Léon Nicolle, maire des Mathes, et Mr Claude Caillé qui nous a quitté l’an passé. L’un et l’autre sont des habitués de la Villa. Léon Nicolle et ses collaborateurs y réservent même très souvent une salle où sont organisés réunions et déjeuners de travail en présence du préfet.

Tant et si bien que dès le printemps, les 24 chambres de l’hôtel  et de l’annexe affichent complet et qu’en moyenne 200 repas sont servis  quotidiennement, 80 à midi, et 120 le soir.

 

 Une logistique bien rôdée et à toute épreuve.

  Pour mener à bien une tâche aussi complexe, une organisation sans faille est impérative. Allain a choisi  des fournisseurs fidèles. A La Tremblade, il se rend au marché à 17 heures à l’arrivée des petits bateaux et achètent  aux  pêcheurs Charrit, Saulnier et Birot  leurs poissons frais. Il s’approvisionne en saucisses au vin blanc chez la boucherie charcuterie Garnier et  en  huîtres chez Yves Papin. Deux ou trois fois par semaine, il part de bon matin à La Rochelle, accompagné de son personnel, et parfois de clients désireux de découvrir la face cachée de la vie d’un restaurateur. Arrivé à cinq heures, il se ravitaille en crustacés, poissons et mollusques  auprès des établissements Boutin et Aubrière, grossistes de l’Encan, criée de La Rochelle jusqu’en 1995.


k L'encan de La Rochelle au début du XXième siècle

                                             L'encan de La Rochelle dans les années 20


Après un casse-croute pris sur le pouce au restaurant de l’Encan à 6 heures, retour à Arvert avec une halte aux abattoirs Martin à Saint-Just-Luzac. Là, Allain choisit tous les morceaux de viande que le camion viendra lui livrer à domicile à huit heures. Quant aux primeurs, il les trouve sur place à Arvert  chez Grasset.

 

Les délices du palais.

 C’est une lapalissade de dire que, si pour une cérémonie, un repas d’affaires, un anniversaire, un réveillon, on se donne rendez-vous à la Villa Fantaisie, c’est que la cuisine et le service sont "aux petits oignons."


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Les plats concoctés par le maître queux Allain, diplômé de la Chaîne des rôtisseurs, sont servis dans les grandes assiettes du porcelainier de Limoges Bernardaud  sous des cloches d’argent de chez Christofle.


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                                      Allain Giraud,  titulaire du diplôme des rôtisseurs


Sur la carte, on a l’embarras du choix entre le Blanc de turbot au Sauterne, la Chartreuse de saumon rose dans son coulis d’écrevisses, le Feuilleté de filets de soles au champagne, l’Escalope de foie gras sautée au vinaigre de cidre et ses pommes chaudes, le Rissolée de magret de canard aux baies roses et aux pêches… Mais la spécialité dont il est le plus fier, souvent copiée et mal copiée, c’est sa Cassolette d’huîtres chaudes à la julienne de poireaux.


m Echantillon de plats concoctés par Allain pour figurer

                           Echantillon de plats concoctés par Allain pour figurer dans le dépliant publicitaire

 

 Une animation pour le moins inattendue.

 Quand le temps est clément, possibilité est donnée à la clientèle de déjeuner dans le vaste parc ombragé par des arbres séculaires malheureusement déracinés par la tempête de 1999.  A la fin du repas, une surprise attend les gastronomes.


q Tables dressées dans le parc.

                                                   Tables dressées dans le parc


 Jouxtant la Villa, existe depuis l’origine un pigeonnier. La sœur d’Allain, Annick, et son beau  frère, Jean-Claude Cormier qui exercent le métier de coiffeurs à La Tremblade, une fois l’an, participe à l’opération shampooing. Elle consiste à teindre de toutes les couleurs une trentaine de pigeons, d’utiliser pour chacun de ces volatiles le séchoir à main, avant de les introduire quelques minutes dans les tables chaudes des cuisines à la température de 25°.


o Jean -Claude Cormier pendant l'opération Shampooing

                               Jean-Claude Cormier pendant l'opération Shampooing


Il ne reste plus qu’à les dissimuler sous des mannes d’huîtres disséminées sur la pelouse et de procéder en début d’après-midi, au lâcher de pigeons multicolores. Ce spectacle insolite qui ravit bien-sûr leurs hôtes connaît une fin tragique. Allain continue longtemps après les faits d’exprimer sa colère : « Un Alverton,  peut-être importuné par le roucoulement des pigeons colorés les a  pris pour des perdreaux et les a froidement abattus avec sa carabine. »


p Des pigeons multicolores.

 

                                                                  Des pigeons multicolores

 

  Le rendez- vous des stars.

Les plus belles pages et les plus beaux souvenirs qu’a vécu la Villa Fantaisie sont consignés dans le livre d’or. En le feuilletant, on retrouve les visages ou les commentaires, parfois les deux, des personnalités locales ou des anonymes mais également des acteurs majeurs, des années 60 à 80, de la télévision comme Léon Zitrone et Roger Couderc, de la chanson comme Annie Cordy et Dalida, de la politique comme Edith Cresson qui deviendra la première femme premier ministre, du sport comme " l’ange vert" revenu sur ses terres, Dominique Rocheteau, accompagné de Guy Drut et de Michel d’Hidalgo, du music-hall comme Sim et Jacques Martin...


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t Au premier plan Guy Drut puis Dominique Rocheteau et Mich    Au premier plan, Guy Drut puis Dominique Rocheteau et Michel Hidalgo aux fourneaux de la Villa 


 Inspirés  certainement par le nom de la Villa (Fantaisie) les deux  humoristes auxquels il faut ajouter Annie Cordy  s’en donnent à cœur joie pour mettre l'ambiance. Un jour, Sim qui triomphe avec son tube J’aime pas les rhododendrons, pénètre dans les cuisines et demande une pêche bien mûre qu’il pèle minutieusement. En arrivant en salle, il simule une chute et subrepticement applique sur son œil la peau de pêche qu’il a dans la main pour provoquer la compassion des gens attablés.


Dessin original de Sim offrant des rhododendrons.

                                Dessin original de Sim offrant des rhododendrons


Annie Cordy et Harold Kay font la tournée des plages françaises avec le podium d’Europe N°1.  Quand ils vont dîner, ils ne passent pas inaperçus car ils portent le même pull-over sur lequel figure un énorme lapin aux grandes oreilles.


r Annie Cordy

 

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  Jacques Martin, lui, met en pratique la réflexion d’un client notée dans le livre d’or : « Que la vie serait neutre sans fantaisie. » Après le spectacle, à deux heures du matin, il passe en cuisine se souvenant sans doute qu’il a, un temps, fréquenté l’Ecole hôtelière de Nice.


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                             v1

 

  On est frappé quand on lit les témoignages des clients qu’ils soient célèbres ou non de la concordance de leurs remarques sur l’accueil chaleureux qui les a touchés et sur l’excellence de la cuisine. Voici deux exemples qui ne manquent pas d’esprit : « Deux avocats en rupture de palais l’ont eu satisfait. »

 

  " Quand le poète Arvers fit son fameux sonnet,

  Il ne connaissait certes d’Arvert son homonyme

  Ni la villa fleurie des  Giraud-Ancelet

  Ni son charmant accueil, ni sa fine cuisine."

 

 D’autres pensionnaires, plus habiles à croquer un décor, s’inspirent, en 1970, pour faire l’apologie de la villa, de la cabane construite à la pointe du Rhin, en face de Bonne Anse, pour les besoins du film de Robert Hossein Point de chute avec Johnny Hallyday comme tête d’affiche.

 

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                       Croquis d'un décor du film Point de chute avec Johnny Hallyday

 

Malheureusement  deux événements vont assombrir la complète réussite  de la Villa. En 1984, Allain doit subir une opération cardiaque et quatre ans plus tard, une longue et insidieuse maladie vient à bout de la résistance courageuse de  son épouse Josiane. A partir de cette époque-là, plus rien ne sera plus comme avant. Une certaine lassitude, un désenchantement gagne la Villa Fantaisie qui va cependant poursuivre son activité jusqu’en 1994.


X Allain entourée de son épouse Josiane à droite et de

                                      Allain entouré de son épouse Josiane à gauche et de sa fille Delphine

 

 Un nouveau départ pour la Villa Fantaisie.

Après deux ans de remise en marche, les nouveaux acquéreurs,  Mr Jean-Pierre Messier, son épouse Françoise et leur fils Alexis procèdent, en 2003, à la réouverture de la Villa Fantaisie qui a gardé son nom d’origine avec l’accord de son ancien propriétaire.

 

Y 1 Jean-Pierre Giraud et son épouse Françoise, les nouve

     Jean-Pierre Messier et son épouse Françoise, les nouveaux propriétaires de la Villa Fantaisie


Leur souhait est de tourner le dos au relais gastronomique et touristique haut de gamme pour en faire une maison d’hôtes, une sorte de centre de vacances dans lequel  des familles ou des groupes peuvent se retrouver en toute convivialité sur la grande terrasse, au bord de la piscine ou des tables ping-pong.  L’établissement qui ne comporte plus qu’une douzaine de chambres dont des chambres parentales s’adapte avec souplesse et disponibilité à la demande.

y2 La Villa Fantaisie de nos jours.

                                                                 La Villa Fantaisie de nos jours


 

 Allain a quitté l’annexe de la Villa  où il logeait encore l’an passé et où il est né mais il y vit à proximité. Ce qui flatte l’amour - propre du Baron, surnom que lui ont donné ses camarades de l’Ecole hôtelière et qu’il a toujours conservé, c’est d’avoir réussi à transmettre la passion de son métier à ses deux enfants.


Z 1 Allain Giraud devant sa maison natale en 2011

                                    Allain Giraud devant sa maison natale en 2011


  Laurent est, en effet, directeur du Campanile de Biarritz  et Delphine, directrice du Novotel de Clermont-Ferrand. Deux des ses petits enfants Thomas et Clémentine travaillent également dans l’Hôtellerie, les deux derniers Amandine et Valentin étant encore en âge scolaire.


z 2 Publicité des années 70

Le plus bel hommage rendu à la Villa Fantaisie, imprimé au dos de la carte, a servi longtemps de publicité. C’est  l’œuvre, dit on, de l’ancien maire de La Tremblade Roger Letélié qui, à la fin d’un dîner, a plagié avec talent le fameux sonnet d’Arvers en ces termes :

 

  " Vous cherchez un relais de la gastronomie ?

  Retenez en Arvert, la villa Fantaisie

  Remarquez en passant par un bref aperçu

  Ses jardins et son parc à l’ombre salutaire

  Et par- delà la grille un souriant parterre,

  Entrez sans hésiter, vous serez bien reçu.

 

  Le chef a ses secrets, la cave a son mystère

  Les menus très soignés, heureusement conçus

  Induiraient au  péché l’ermite solitaire,

  Et les plus fins gourmets ne seront pas déçus."

 

                         

                                                                                                Daniel Chaduteau

 

 

 

 

 

 

 

  

 

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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 11:16

 

 

                   La saga ronçoise d’une vieille famille française, les Saint Martin Lacaze.

 

  A partir de Ronce, pour rejoindre les plages du Galon d’or ou de la Pointe espagnole, il n’existe qu’une route qui passe devant une immense propriété au fond de laquelle on aperçoit une belle demeure appelée Chalet Saint Martin.


Chalet saint-martin (7)

                                  Le Chalet Saint Martin qui domine Ronce les Bains


Ce patronyme n’a aucune relation avec son homonyme, le célèbre évêque de Tours qui trancha son manteau pour en donner la moitié à un pauvre. Ce Chalet a tout simplement gardé le nom de son fondateur. Raconter les origines de cette famille constitue une véritable gageure. C’est grâce aux témoignages de ses descendants, d’Anne et de sa sœur Hélène et aux recherches historiques de Marc Eissautier, le mari de Claire que nous avons pu démêler l’écheveau de cette dynastie au passé si riche et si lointain.


Blasons en pierre qui figuraient au-dessus de l'entrée du   Armoiries en pierre qui figuraient au-dessus de l'entrée du Chalet conçu par le Comte Paul de Saint Martin Lacaze

 

 

 

 Récits légendaires.

 Tous les récits qui suivent s’apparentent à des mythes. Toutefois, ils démontrent à l’évidence la proximité de ces nobles, attachés à la terre, avec leur roi, qu’ils sont prêts à défendre au péril de leur vie.Un des blasons de la famille.

                                                Un des blason de la famille de Saint Martin Lacaze


 Un des membres de la famille Saint Martin ayant assisté à la bataille de Poitiers en 732 entre Charles Martel et Abd al-Rahman, chef des Sarrasins, aurait reçu en récompense du pape Grégoire III la dîme que produisaient deux paroisses dont celle de Pouillon.

 On raconte également qu’un Saint Martin aurait fait un rempart de son corps pour secourir le roi Louis VI  qui  était tombé dans une embuscade.

 Un autre fait d’arme est relaté. Lors des guerres de religion, les chefs  des deux armées, pour éviter l’effusion de sang, conviennent qu’un guerrier de chaque camp se battra en combat singulier. Dès que la proposition est annoncée, un Saint Martin sort des rangs pour défendre ses couleurs, terrasse son ennemi et assure la victoire.

 

  Bref historique.

  Les documents et archives découverts par Marc et la tradition font remonter les origines réelles de cette famille à l’époque de  la construction du Château Saint Martin à Pouillon dans les Landes au XIIième siècle. Quatre siècles plus tard, en 1570, Jean-Jacques de Saint Martin épouse Françoise de Lacaze dont la famille est seigneur de ce fief de Pouillon. C’est à partir de ce mariage que la branche cadette va se distinguer des autres branches Saint Martin en accolant à son patronyme celui de Lacaze. Le château de Saint Martin et la maison Lacaze existent encore aujourd’hui.  Les Saint Martin Lacaze séjournent à Pouillon un peu plus de cinq cents ans, jusqu’au début du XVIIIième siècle, date à laquelle ils migrent vers Soustons. Trois frères et sœurs Saint Martin épousent entre 1795 et 1813 trois frères et sœurs Ducasse de Soustons. La famille va faire souche à Soustons et dans ses environs.

 

L’arrivée   des Saint Martin Lacaze à Ronce les Bains

 Paul de Saint Marin épouse en 1874 à La Tremblade Caroline de Casaunau née au Vieux Boucau. Pourquoi avoir choisi de se marier dans cette localité ? La raison en est simple : la mère de Caroline, une Eschauzier en est originaire. Le couple effectue de nombreux allers et retours entre La Tremblade et Tarbes où Paul est juge de paix. Paul fait construire à Ronce  dans les années 1878, une ferme, un chalet flanqué d’une tour qui culmine sur la dune et un autre chalet qu’il échange, en 1890, contre un petit marché dont il était lui-même le promoteur, avec Edouard Perraudeau de Beaufief.


Le Chale Saint Martin trône sur la dune

                              Détente dans la pinède pour la famille de Saint Martin


Ce dernier l’appelle naturellement La Cigogne car cet oiseau figure sur son blason. Il est visible sur l’un des piliers de la chapelle du transept gauche de l’église du Sacré-Cœur de La Tremblade.


Allée des peupliers encadrée de vignes.Au fond La Cigogne

                                     L'allée des peupliers, bordée de vignes, mène à la Cigogne tout au fond

 


La cigogne sur le blason de la famille Perraudeau de Beaufi

                                       La cigogne sur le blason de la famille Perraudeau de Beaufief

 

Caroline, qui a eu la douleur de perdre son premier enfant, Pierre, en met au monde cinq autres : François, Henri, Marie, Rose et Marguerite.

 

  Une abominable tragédie.

 En décembre 1883, c’est le drame, rapporté par la Revue des Basses Pyrénées et des Landes :

« Un épouvantable malheur vient de frapper la famille de Saint Martin Lacaze. Mme Paul de Saint Martin, s’est tuée, le treize, sur la ligne de Bordeaux à Tarbes dans les plus tragiques circonstances.

  Elle était allée passer quelques jours chez ses parents à La Tremblade. Elle revenait à Tarbes où Mr Paul de Saint-Martin est juge de paix, accompagnée de ses  enfants, d’une de ses tantes, Amélie Eschauzier, et de deux bonnes. Sur le territoire de Saint-Perdon, à six kilomètres de Mont de Marsan, la portière, dont on avait oublié de rabaisser le crochet extérieur, s’entrouvre brusquement, et l’un des enfants, une petite fille, Marie, âgée à peine de quatre ans, tombe sur la voie. La mère affolée, se dégageant des étreintes des siens, se précipite par la portière. Sans les efforts des deux domestiques, la tante de Mme de Saint Martin âgée de 72 ans se serait précipitée à la suite de sa malheureuse nièce.

Le train filait à toute vapeur. Aussitôt entré en gare de Mont de Marsan, le chef de gare, prévenu, monte sur un train spécial où prennent place également le préfet des Landes, son chef de cabinet, le commissaire de surveillance administrative et le curé de Saint Martin d’Oney. A l’arrivée sur le lieu de l’accident, un cantonnier de la voie arrête le train, portant dans ses bras l’enfant qui appelait désespérément sa mère. L’enfant n’avait aucun mal.

Trente cinq mètres plus loin gisait le cadavre de Mme de Saint Martin, étendue sur le versant du remblai, la face contre terre, les pieds près du sommet du talus, la tête en bas, une petite tâche bleuâtre sur la tempe, quelques gouttes de sang aux narines. Mr le docteur Despaignet a constaté que la mort était due à une rupture de l’enveloppe du cervelet, causée par un choc en retour. Détail navrant : à une demie lieue de la ville, le train rencontre les enfants et la tante de Mme de Saint Martin arrivant en pleurs au devant du convoi.

Mandé par télégramme, Mr de Saint Martin, mis en présence du cadavre de sa femme qui avait été d’urgence transporté à l’hospice, s’est abandonné à un désespoir d’autant plus violent qu’on avait cru devoir lui cacher l’étendue de son malheur. Les membres du tribunal s’étaient portés à sa rencontre, à la gare.

Le lendemain, un service funèbre, auquel ont assisté les principaux fonctionnaires et la famille, a été célébré à la chapelle de l’hospice d’où le corps a été transporté à Tarbes. »

 

Emménagement au Chalet ronçois.

 Après la mort accidentelle de son épouse âgée de 38 ans, Paul  décide  de s’installer dans son Chalet de Ronce avec son personnel de maison qui loge dans un pavillon voisin.


A droite le pavillon pour le personnel de maison

                                    A droite, le pavillon pour le personnel de maison


Il cultive la vigne sur les terrains récemment gagnés sur les marais et développe la plantation des pins pour fixer les dunes fragiles comme on le fait dans les Landes. L’exploitation des pins, suite au programme de reboisement lancé sous le Second Empire est rentable. Paul fait venir des Landes  des résiniers qui vont s’établir à La Tremblade : les familles Castat, Lemaison, Laubit par exemple. Le gemmage des pins dans la forêt de la Coubre va se poursuivre jusqu’au début des années soixante. Georges Dières Montplaisir, son ami, participe également activement à ces plantations.


Gemmage des pins

                                                          Le saigneur procède au gemmage des pins


 Mais les terrains où la vigne a été plantée ne sont pas très fertiles et trop souvent ensablés. Le phylloxera de 1894, les catastrophes accidentelles (incendies), les catastrophes naturelles (invasion de sauterelles)  portent le coup de grâce à une culture qui a perdu de sa rentabilité. Sans doute ébranlé par tous ces coups du sort,  Paul disparaît à l’âge de 53 ans, le 29 décembre 1898.

 

   Une succession difficile à gérer.

  Parce qu’il est le fils aîné,  François de Saint Martin Lacaze, âgé seulement de 23 ans,  se doit d’assumer la responsabilité de la propriété en indivision, tâche à laquelle il n’est pas  vraiment préparé.


Une partie de la propriété des Saint Martin, en 1891, les

         Une partie de la propriété des Saint Martin en 1891: les vignes, la ferme, le chalet, les terrains du bord de mer. La Cigogne, à droite, a été vendue l'année précédente


  C’est un beau jeune homme blond-roux, dont le visage arbore une superbe moustache.

 Ses cousins Capdepon de Bigu tentent  de  marier leur fille Hélène avec François  mais elle refuse ne le trouvant pas à son goût. Plusieurs années plus tard, les deux jeunes gens se retrouvent et cette fois-ci -souvent femme varie- elle en tombe éperdument amoureuse. Ils se fiancent à Saint-Geours-de- Maremne  à la villa « La Pelouse » qui existe toujours sur la route de Dax et convolent en justes noces à Pau, le 19 octobre 1908. Ils décident de s’installer au Chalet de Ronce. 


La famille de Saint Martin devant le Chalet. A gauche on re

                La famille de Saint Martin devant le Chalet. On reconnaît François devant la calèche


Hélène donne naissance à  Marie-Thérèse,  née dans le Chalet ronçois le jour de Noël 1913, et à Francis  en février 1915.


Le Comte François, la Comtesse Hélène de Saint Martin e

  Le comte François de Saint Martin, son épouse Hélène et leurs deux enfants Marie-Thérèse et Francis

 

Les deux jeunes enfants y mènent une vie heureuse pendant une dizaine d’années, entourés d’une nourrice puis d’une préceptrice Marie Bonnemason originaire de Boeil-Bezing, dans les Pyrénées-Atlantiques. François est un homme entreprenant. Il contribue financièrement à l’édification de la chapelle de Ronce, fait ouvrir une voie qui débute devant l’actuel bar-tabac la Frégate et qui mène en  droite ligne jusqu’à son Chalet, voie dénommée encore de nos jours, avenue de Saint Martin.


Chapelle de Ronce en partie financée par François de Sain

         La chapelle, en partie financée par François, au début du siècle dernier. Le bénitier et l'autel sont toujours les mêmes.


 Voie d'accès au Chalet Saint Martin qu'on aperçoit tout a

                              Voie d'accès au Chalet Saint Martin qu'on aperçoit  au fond

 

Il excelle surtout dans l’organisation de fêtes confessionnelles comme des kermesses ou des processions mariales, lors de l’Assomption par exemple que préside Mgr Eyssautier, l’évêque de La Rochelle.


Un des autels fleuris lors de la fête de l'Assomption

                                              Un des autels fleuris lors de la fête de L'Assomption

 

 

 Anne rapporte une anecdote qui est  symptomatique de la  personnalité de son grand père François. En pleine réception au Chalet, il laisse choir, sur le champ, ses  nombreux convives  pour rendre visite à un ouvrier qui s’est grièvement blessé en chutant d’un arbre.

 

   L’amour de sa patrie.

   Quand survient la première guerre mondiale, François déjà quadragénaire et souffrant d’une surdité handicapante n’hésite pourtant pas à s’engager en vrai patriote comme volontaire, laissant sa femme et ses enfants. Caporal dans la territoriale au 57ième puis au 112ième régiment d’infanterie, il combat à Verdun et au Chemin des Dames et obtient la croix de guerre avec la citation suivante : « Ordre du modèle de dévouement et d’abnégation, resté volontairement au front alors qu’il pourrait invoquer de sérieux motifs pour se faire relever. Possède sur ses hommes un puissant ascendant moral. Le 25 avril  a demandé à conduire en première ligne une corvée délicate de ravitaillement. Le 28 avril en a commandé une autre prise sous le feu et qu’il a conduite à son but »

Sa fille Marie-Thérèse dit que, comme beaucoup, il a été traumatisé par les combats d’une grande intensité dont il ne cessait de parler. Contrarié par des désaccords dus au partage, ruiné par la guerre, par le mode de vie dispendieux de son épouse et par les dettes contractées auprès de son créancier Mr Proust, il se trouve dans l’obligation de vendre à ce dernier tous ses biens vers 1925.

 

  Un patrimoine préservé.

 Après guerre, pendant quelques années, la ferme Saint Martin accueille des camps de jeunes en particulier de jeunes juives, pour offrir un dérivatif et des distractions à ces adolescentes choquées par les horreurs vécues par leurs familles.


Camp de jeunes filles à la ferme Saint Martin juste après

     A la fin des années 40, les marabouts  envahissent la ferme Saint Martin, derrière au second plan


Puis la ferme est abandonnée une bonne quarantaine d’années durant lesquelles sa large clairière offre aux familles une solution de repli commode et bienvenue quand, sur la plage de la Cèpe, le vent se lève et que le temps devient menaçant. C'est  Mr Georges Tessier qui s'en est porté acquéreur.

 En 1949,  Mr Proust revend le Chalet Saint Martin à une usine de Melle, qui va  utiliser les locaux pour en faire une colonie de vacances. Cette usine passe dans le groupe Rhône Poulenc qui, à son tour, envoie en congés les enfants du personnel dans cette vaste demeure arborée. Pendant une bonne trentaine d’années, le Chalet Saint Martin résonne, l’été, des cris de joie des enfants qui ont le privilège de ne séjourner qu’à trois cents mètres de la plage de la Cèpe.


Chalet Saint-Martin transformé pendant plus de trente ans

      Le Chalet Saint Martin a servi de colonie de vacances aux enfants de Melle pendant plus de 30 ans


   En 1982, nationalisé par le pouvoir socialiste, le groupe liquide toutes ses colonies. Au début des années 80, on essaie, sans succès, pendant un ou deux ans, de le transformer en  centre de vacances pour retraités. Le Chalet alors en déshérence est littéralement pillé. Tous ses lavabos sont ainsi arrachés. L’été, il est squatté par des routards. Il fait peine à voir car les ronces depuis plus de dix ans ont envahi le domaine. Heureusement Rhône Poulenc, privatisé à nouveau en 1993, après bien des péripéties, trouve un acquéreur en juillet 1994. Le nouveau propriétaire, tombé sous le charme de cette demeure,  concrétise  un rêve d’enfant. Le Chalet l’a échappé belle ; il était en effet promis à la démolition, des promoteurs voulant raser tous les bâtiments. Cet amoureux des belles pierres sauvegarde  dans un premier temps  ce qui peut l’être, avant de procéder à une remise en l’état en supprimant tous les rajouts de la colonie. Il se fait un devoir de reconstruire toutes les pièces à l’identique, comme si c’était un patrimoine légué par ses ascendants. Bien-sûr cette réfection a un coût mais quand on aime on ne compte ni son temps, ni son argent. Le Chalet Saint Martin a vraiment de nouveau fière allure.


Chalet Saint Martin rénové

                              Le Chalet Saint Martin rénové par son nouveau propriétaire

 

  Un nouveau départ pour la  famille de Saint-Martin Lacaze.

 La famille de Saint-Martin s’installe tout d’abord à La Tremblade à La Coulumière, locataire de la famille Torchu, puis dix ans plus tard à Arvert dans la maison du Maine Geay que leur oncle Jules achète aux noms de Marie-Thérèse et de Francis.


La Coulumière où la famille s'est installée après avoir

                                           La Coulumière où la famille s'est installée après avoir quitté le Chalet


Le Maine Geay acheté par l'oncle Jules

                                                        Le Maine Geay acheté par l'oncle Jules

 

En 1935, François est conseiller municipal de La Tremblade. Cet homme bon et gai mais peu versé dans les affaires décède en 1942 d’une faiblesse du cœur au Maine Geay à Arvert. Quant à son épouse Hélène, après s’être refugiée en zone libre chez une de ses cousines à Saint-Geours-de-Maremne, elle succombe à une crise cardiaque  en novembre 1945 au Maine Geay également, quelques mois après la libération de la poche de Royan.

 

 Marie-Thérèse, la joie de vivre au service des autres.

  Marie-Thérèse est restée célibataire. Pensionnaire dans un établissement privé du  Limousin, elle commence à travailler comme vendeuse dans un magasin de vêtements puis, dès 1935,  elle est embauchée par l’entreprise ostréicole Fraigneau  jusqu’à la retraite qu’elle passe à la Tremblade.


Etablissements de la famille Fraigneau où ont travaillé

                                     Etablissements Fraigneau où ont travaillé Marie-Thérèse et Francis

 

 

Marie-Thérèse au centre. A gauche Jean-Marc Fraigneau sur

                        Au centre Marie -Thérèse. A sa gauche,  Jean-Marc Fraigneau à bord de l'Espoir

 

Elle adore monter sur les planches pour jouer sketches et pièces avec les gens du pays. Elle se charge aussi de la distribution du journal paroissial La Presqu’île d’Arvert. De plus, elle est unanimement appréciée pour son dynamisme et son dévouement pour les autres notamment les plus démunis.

 To Miette, comme on la surnomme, appelle ses nièces qu’elle chérit par-dessus tout, «  ses langoustines ». Elle a coutume de rendre visite à ses cousins en Dordogne. Les deux cents kilomètres à parcourir en solex ne l’effraient pas le moins du monde. S’étant dangereusement embourgeoisée avec l’achat d’une 2 CV, elle ne se rend pas compte  qu’elle grille allègrement le feu rouge nouvellement installé boulevard Pasteur. Encore maintenant, sa célébrissime décapotable aux chevrons est intimement liée à sa personne. 

Atteinte par la maladie d’Alzheimer, la marraine d’Anne s’éteint en 2007.

 

 Francis, un homme plein d'énergie.

 La ruine de ses parents va contraindre Francis à travailler dès l’âge de seize ans dans les cabanes ostréicoles. En 1936, il fait  son service militaire en Savoie dans les chasseurs alpins. Pendant la drôle de guerre en 1939, il se retrouve au fort de l’Esseillon. Démobilisé en août 1940, il rejoint La Tremblade. En 1944, il traverse  la Seudre pour rejoindre les FFI et participe à la libération de la Saintonge. Avec quelques hommes, il assure la garde de l’île Madame, se prenant pour son « gouverneur.»

 

 Une rencontre électrisante.

 Marguerite Massip, surnommée, Maguite, rencontre Francis en 1946 chez Paul de Chalup et Marie Alix de Gardonne, à Puy-Joli en Dordogne. Francis est le cousin de Paul et Maguite la cousine d’Alix. Maguite raconte : « J’habitais Périgueux et j’avais décidé de rendre visite à ma cousine. Je l’appelle au téléphone. Elle me demande de venir l’aider à accueillir une belle sœur et un cousin. Au moment où je veux lui signifier mon refus, elle a déjà raccroché. Je me suis donc résignée à y aller et c’est là que j’ai fait la connaissance de Francis et que je suis tombée amoureuse de lui en changeant une ampoule ». Visiblement le courant est passé tout de suite. Au printemps de l’année suivante, ils se marient au  château de Pouyol à Villamblard, château familial dont  Isabelle de Maillard, la tante de Maguite est propriétaire.    Maguite, qui a fait des études supérieures enseigne dans des écoles ménagères, se déplace à vélo, en solex elle aussi, avant de conduire en 1963 une superbe Panhard verte.

 

Les quatre filles de Francis et de Marguerite.

1948, 1949, 1952, 1955 sont les années de naissance d’Anne, d’Isabelle, d’Hélène et de Claire.


Les quatre filles Saint Martin, debout de gauche à droite

  Les quatre filles de Saint Martin. Debout de gauche à droite Anne et Isabelle, assises, Claire et Hélène


Hélène qui se considère comme une enfant terrible reprend le jeu de mots souvent entendu. « Anne et Isabelle éclairent Hélène ». Un jour, elle monte sur le toit ; sa sœur Anne,  tend son tablier, moyen dérisoire pour amortir sa chute au cas où elle voudrait se jeter dans le vide. C’est un voisin, attiré par les cris, qui réussit à la faire descendre sans dommages.

 

  Le sort s’acharne sur la famille de Saint Martin

 Leur père qui, depuis son enfance, est très attiré par la mer, pêche sur un chalutier, le Progrès, qui mouille à La Tremblade. Francis est une figure de la presqu’île. La casquette ou le béret vissé sur la tête, il part en mer même par mauvais temps. Sa femme passe des nuits sans sommeil à attendre son retour. Deux marins, Mrs Caillon et Paillet qui n’ont pas leur brevet de navigation, complètent l’équipage Un jour de 1953, ils empruntent le bateau sans l’aval de Francis et  par malheur, emportée par le mauvais temps, l’embarcation sombre  Ils disparaissent en mer. Francis qui a refusé de les dénoncer est lourdement condamné par les autorités maritimes pour ne pas les avoir prévenues de la disparition du bateau. Comme il aurait dû être  à bord, il n’est pas indemnisé. Outil de travail perdu, procès perdu.

 

   Une réaction salutaire.

 Il retrouve alors du travail comme ostréiculteur dans l’entreprise Fraigneau où il rejoint sa sœur. Il achète un chalutier, le Pax Christi qu’il ne doit en aucun cas débaptiser. Avec son épouse, il devient également gérant, l’été, de deux campings qui encadrent le restaurant Forêt Plage.


Au milieu des deux campings donnant sur la plage,le restaur

            Au milieu des deux campings donnant sur la plage de la Cèpe, le restaurant Forêt plage


Ces terrains, particulièrement bien situés parce qu’ils donnent sur la plage de La Cèpe, appartiennent à une cousine de Francis, Madeleine Réjou-Perret qui a migré aux Etats-Unis. Quelques années plus tard, Madeleine vend ces deux terrains de camping à la commune. Dans le premier, Mr et Mme Couturier tiennent une épicerie qu’ils transforment en une  salle  de restaurant La Réserve où beaucoup de personnes seules viennent prendre pension.


La Réserve sur l'avenue de la Cèpe

                                                La réserve sur l'avenue de la Cèpe


A la fin des années 60, Maguite de Saint Martin occupe le poste de directrice de la maison familiale de la FAVAC jusqu’en 1984, d’abord dans le bâtiment allée des Cormorans, appelé toujours Côte de Beauté  puis à l’emplacement de la nouvelle Pergola avenue de Saint Martin.


FAVAC à La Pergola

               La  FAVAC  dirigée par  Marguerite de Saint Martin dans les locaux de La Pergola


Elle prend en charge l’hébergement et l’intendance des familles et des personnes âgées venues passer leurs vacances de juin à septembre à moindre coût. Francis l’aide dans sa tâche. Hélène se souvient que son père préparait de gigantesques terrées pour le plus grand plaisir des estivants.


Francis et son épouse à la Pergola

                               Francis et son épouse Marguerite à l'accueil de la Pergola


Préparation d'une terrée pour la Favac

                             Préparation d'une terrée pour les pensionnaires de la FAVAC


 Conjointement il est moniteur de voile au CVR, le club de voile ronçois.


Ancien club de voile ronçois à la place de l'actuelle bas

                     L'ancien club de voile ronçois (CVR) remplacé maintenant par la base nautique


A cette époque-là, il n’y a qu’un seul bateau pour donner des cours, un cazavant, peu maniable, dans lequel cinq ou six élèves prennent place. Francis peut se vanter d’avoir formé des générations d’amoureux de la voile. Anne, sa fille aînée qui est alors secrétaire du club, rappelle que, suite à une mauvaise manœuvre de ses apprentis matelots, Francis s’est cassé le coccyx.


Francis à la barre du Cazavant de l'école de voile

                                               Francis à la barre du cazavant de l'école de voile


Elle parle toujours avec émotion de son père qui, après une journée de travail,  est allé la chercher en Normandie, coincée qu’elle était, par une grève des trains. Un des plaisirs de Francis est d’accompagner au cinéma Saint-Martin, bien-sûr, ses quatre filles pour voir le dernier film sorti. Mais la plupart du temps, il s’endort dès le début de la séance. Maguite et Francis gèrent aussi la location de quelques villas. Maguite accueille ainsi à la villa Kismet avenue Camille Daniel, des jeunes étrangers, désireux d’apprendre le français.


Villa Kismet où ont séjourné de nombreux jeunes étrange

                                             Villa Kismet où ont séjourné de nombreux jeunes étrangers

             


En 1973, le matin du mariage d’Anne et d’Antoine Rebillard dans la nouvelle Pergola, Francis, comme il sied à un comte,  revêt son frac, qui, malheureusement,  n’est pas à sa taille. Le voilà donc parti en catastrophe à La Rochelle changer son habit. Il a juste le temps de revenir pour la cérémonie.


Francis en frac conduit Anne jusqu'à l'autel de l'église

          Francis en frac conduit Anne jusqu'à l'autel de l'église du Sacré-Coeur de La Tremblade


 Francis prend sa retraite en 1970 tout en continuant à travailler chez Fraigneau. Il aurait pu enfin goûter aux délices d’une retraite paisible, mais le mauvais sort qui ne lui laisse décidément aucun répit s’acharne contre lui et ses proches. Sa fille cadette, Isabelle, qui rallie Contamines Montjoie en Haute-Savoie où elle est monitrice à la FAVAC, perd la vie près de Bellac dans un accident de voiture.


Arrêt pique nique à Semussac.Au premier plan, Anne et sa

  Arrêt pique-nique à Semussac lors du pélérinage des jeunes à Talmont. Au premier plan Anne, à côté d'elle, Isabelle


Francis, très affecté par cette disparition prématurée, décède à l’âge de 71 ans. Il est enterré  avec son épouse qui a quitté les siens en 2009, dans la chapelle familiale du cimetière de La Tremblade, sur ce coin de presqu’île où tous les Saint Martin Lacaze ont choisi de vivre et de reposer en paix.


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                  A droite, chapelle où sont inhumés les membres de la famille de Saint Martin

 

 

     Des traces indélébiles.   

 Leur disparition clôt un chapitre ouvert il y a plus de 100 ans avec l’arrivée de la famille de Saint Martin Lacaze à Ronce. Anne et Antoine habitent désormais en Mayenne, Claire et  son mari Marc Eissautier en Haute-Garonne. Seule Hélène et son mari Daniel Martin, cela ne s’invente pas, ont élu domicile à Arvert juste à coté du Maine Geay.

 Pour autant, le nom des Saint Martin perdure dans la mémoire collective grâce aux travaux de Marc et aux lieux emblématiques qui continuent d’enchanter Ronce comme le Chalet Saint Martin, la villa La Cigogne, allée des peupliers,  acquise en 2007 par Mr Jacky Dutillieux, et la Ferme Saint- Martin qui, devenus  résidences à l’année de leurs nouveaux propriétaires, ont retrouvé leur lustre d’antan.


La Cigogne elle aussi restaurée

                           La Cigogne elle aussi restaurée. En haut à droite, l'oiseau emblèmatique

 

 Ajoutons l’ancien nom du cinéma Saint Martin, rebaptisé Cristal, la très vaste avenue de Saint-Martin, l’avenue Hélène, plus modeste, qui lui est parallèle et le nouveau restaurant  Martin Plage.

 

 Il est bon de rappeler, que malgré les épreuves et les malheurs qui n’ont pas épargné bon nombre des membres de cette dynastie, une foi fervente, affichée notamment par deux  devises des blasons de la  famille : « Deus adjutorium in adversis  » : Dieu est mon soutien dans l’adversité et «  Cruore Christi Cruesco » : Je brille du sang du Christ, leur a permis de traverser les siècles tout en restant attachés à des valeurs  universelles.

 


CCF22092010 00006Blason des Saint Martin Lacaze et des Capdepon de Bigu 

 

 

     Blason des Saint Martin Lacaze                                                         Blason des Saint Martin et des Capdepon de Bigu                                                              

 

 

ch st martin 06 001

 

 

  Grâce au courage de leurs ascendants, les quatre filles de Saint Martin Lacaze ont tout lieu d’être fières de voir figurer leurs noms sur la toile où sont recensés les descendants d’Hugues Capet dont la filiation est encore représentée en 2011. Les trois générations dont nous avons suivi la saga ont laissé leur empreinte dans l’Histoire de notre pays mais plus encore dans celle de Ronce les Bains.

 

                                                           Daniel Chaduteau.          

 

Par memoires-vives-ronce.over-blog.com
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 16:07

 

  Pendant la saison estivale et mieux encore hors saison, quand les vacanciers ont regagné leurs pénates et leurs enfants retrouvé leurs camarades de classe, il est un bonheur simple, gratuit, vivifiant, c’est musarder, flâner dans les allées de Ronce pour admirer les villas et tenter de retenir leurs noms. Les propriétaires anciens et nouveaux ont choisi la plupart du temps les prénoms de leurs enfants ou de leurs petits enfants. Certains ont privilégié des calembours,  Hasty-Cottage en est un exemple, d’autres enfin sont restés sobres. Parmi toutes ces appellations, quelques-unes attirent l’attention et intriguent le marcheur. C’est le cas de la villa El Chenoua, nom qui fleure bon l’exotisme dont nous avons retrouvé les occupants.


Ombre et lumière sur El Chenoua

 

                                                Ombre et lumière sur El Chenoua

 

 Un Ronçois de souche.

 Heureuse coïncidence, le maître des lieux, Jean-Claude Lecomte, est né à Ronce, allée d’Aunis en 1935 au numéro trois dans la villa P’tit Sou dont l’inscription, malgré les outrages du temps et l’adjonction d’un nouveau crépi, est encore visible. Le nom de cette villa renvoie à celle qui lui tourne le dos, avenue de Saintonge, propriété de Monsieur Bonamour, intitulée Ma tirelire. Ce dernier a eu l’idée de l’appeler ainsi pour qu’un sou, même p’tit, voisine avec sa tirelire.Villa P'tit sou,allée d'Aunis

                                                 Villa Ptit sou, allée d'Aunis


 Les grands parents de Jean Claude, Jean Baptiste Jules Lecomte né en 1862 et sa femme Pauline née en 1871 sont originaires de l’est de la France. Jules, ingénieur des Arts et Métiers, débute sa carrière comme expert de la vérification de bateaux pour la sociétéVeritas à Ostende. Ses différentes affectations l’amènent à fréquenter plusieurs ports de la Manche et de la côte Atlantique. C’est ainsi qu’il débarque, si l’on peut dire, à Rochefort au port de la Renaissance.  Puis il choisit de s’installer à La Tremblade.

 

La saga de l’entreprise Lecomte.

  Il y crée en 1926 un chantier naval, quai de l’atelier devenu boulevard Roger Letélié.


Chantiers navals Lecomte quai de l'Atelier

                                                        Chantiers navals Lecomte, quai de l'Atelier

 

Il décède en 1933. Ses quatre enfants René, Paul, Jean, Marie-Louise et son épouse Pauline vont diriger en nom collectif les Etablissements Lecomte qui vont s’appeler Lecomte – Boulanger quand  le beau frère de Jean-Claude, Henri Boulanger et son cousin germain, Henri Lecomte, intègrent la Société puis plus tard simplement Boulanger. Les deux associés,  pour honorer leurs commandes de plus en plus nombreuses, prennent l’initiative de construire une autre structure rue de la Corderie. Les établissements comptent alors une quinzaine d’ouvriers,  charpentiers et mécaniciens. C’est au milieu des années quatre-vingt que Jean-Pierre Joubert, qui a fait  la majeure partie de sa carrière chez  Lecomte et a gravi tous les échelons, reprend les chantiers Boulanger.


Le dernier propriétaire des chantiers navals créés par J

                                        Le dernier propriétaire des chantiers navals créé par Jules Lecomte

 

Il poursuit son activité jusqu’en 2007. Le dernier chalutier Le petit Boer qui a vu le jour dans les Etablissements Joubert mouille dans le port de la Côtinière. Actuellement les Etablissements Menadier (assemblage de cagettes d’huîtres) occupent des locaux de la rue de la Corderie.


Assemblage des cagettes d'huîtres

                                 Assemblage de cagettes d'huîtres aux Etablissement Menadier       

 

   Un spectacle mémorable.

  Le lancement d’un bateau est toujours un événement et attire la grande foule. Le bateau, sorti du hangar sur un chariot, est placé perpendiculairement au chenal. L’arrière est face à la glissière enduite de suif, l’avant très haut -une voiture peut aisément passer dessous- est retenu par des câbles. Au moment de la mise à l’eau, un mécanicien monte à bord. Le bateau alors libéré descend en trois secondes sur une glissière inclinée à quarante - cinq degrés. Quand l’arrière du bateau touche l’eau, le moteur doit impérativement se mettre à tourner pour continuer sa course. Cette opération est dangereuse. Les curieux sont priés de s’écarter au maximum.

Un bateau juste avant sa mise à l'eau

                                                                        Un bateau juste avant sa mise à l'eau

               

 

Lorsque les ouvriers voient, à marée haute, s’éloigner leur dernier né sur le chenal, leur visage rayonne. Ils sont soulagés et surtout fiers de leur réalisation. Parfois l’aumônier des marins, le père Michel, vient bénir le bateau. Il ne reste plus qu’à sa marraine de lancer et  de briser une bouteille de champagne sur l’étrave pour le baptiser. A noter que les chantiers navals Lecomte-Boulanger ont toujours entretenu de bonnes relations avec l’établissement concurrent dirigé par Monsieur Bernard.

   Les Etablissements Lecomte-Boulanger amènent en accord avec la municipalité  quelques bateaux hors d’usage au Mus de Loup pour y retenir le sable.


Vue aérienne du Mus de Loup, on aperçoit des bateaux hors

                   Vue aérienne du Mus de Loup. On aperçoit quelques bateaux hors d'usage

 

Des souvenirs d’enfance dominés par la guerre

 Jean-Claude apprend à faire du vélo, allée d’Aunis qui, à cette époque là, est encadrée de peupliers.


Jean-Claude allée d'Aunis bordée de peupliers

                                                             Jean-Claude, allée d'Aunis bordée de peupliers

 

De nombreux Ronçois, parmi lesquels, Jean, son père, futur conseiller municipal,  se démènent pour obtenir la construction d’une école primaire à Ronce. Ses sœurs Monique et Chantal nées respectivement en 1932 et 1933 vont l’inaugurer en 1938.

L'école de ronce en 1975

                                                         L'école de Ronce en 1975


  Quand il aborde les années sombres de l’occupation, la machine aux souvenirs de Jean- Claude fonctionne à plein régime. Celui qui l’a le plus marqué et dont il parle encore avec émotion touche sa famille. Un soldat allemand est abattu devant la villa Tango où logent ses grands- parents maternels.


La villa Tango tout au fond à gauche

                            La villa Tango tout au fond à gauche à l'entrée de Ronce


Sa grand-mère, une alsacienne, aurait enjambé la victime sans s’inquiéter de son sort. Le lendemain de l’attentat, les forces d’occupation recherchent des armes  dans chacune des maisons. Le père de Jean-Claude, un résistant, attend avec inquiétude derrière la porte. Une sentinelle est en faction allée d’Aunis. Christiane Dubois, leur voisine d’en face, est une jolie blonde. Elle n’hésite pas à jouer de ses charmes pour distraire le soldat tant et si bien que sa maison et celle de Jean-Claude échappent à la fouille. Sa mère ignore que son mari a enterré des armes dans la cour, le long du mur. Quand elle apprend la vérité, le choc est trop violent, elle s’effondre.

Autres souvenirs bien vivaces. La classe a lieu non plus à l’école réquisitionnée mais au rez-de-chaussée du Grand Hôtel. Jean-Claude et ses copains ont la surprise de voir arriver des bus parisiens, bus à plate-forme, bondés de russes, des cosaques antistaliniens, qui vont occuper tous les étages de l’établissement.

Monsieur Carollaud, propriétaire des restaurants La Côte d’Argent et La Pergola, alors qu’il pousse une charrette à bras avenue de Saint Martin, est  blessé en sautant sur une mine.

Au carrefour de l’allée de l’Aunis et de l’avenue de Saintonge, un landais Monsieur Bosmorin habite une maison blanche, la villa Grand-Maman qui existe toujours. Il est scieur de bois. Il possède également deux fours pour fabriquer le charbon de bois qui sert de combustible aux véhicules à gazogène. Quand survient une alerte, les Ronçois, pour se mettre à l’abri, rejoignent le fossé parallèle à l’actuelle allée des Genets derrière le casino, fossé recouvert de planches elles-mêmes recouvertes de terre pour se protéger des éclats d’obus. Pour Jean-Claude qui a  pour compagnes de jeux Martine et Chouane, deux superbes mules, c’est très excitant de se dissimuler ainsi.

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   Un accident cuisant

  Resté à l’école de Ronce jusqu’à l’âge de treize ans Jean-Claude continue ses études pendant deux ans comme interne au cours complémentaire de Marennes dont Mr Quentin est le directeur. Il rejoint la grève à vélo pour prendre une ancienne péniche de débarquement nommée André Lecêtre qui fait office de bac pour traverser la Seudre.


La péniche André Lecêtre qui servit de bac après guerre

                                           La péniche André Lecêtre  qui servit de bac après guerre

 

Ce jour de février 1949, il est monté sur la passerelle ce qui est formellement interdit. Au moment du départ, un copain qui l’accompagne ne trouve rien de plus intelligent que de le bousculer. Jean-Claude tombe dans l’eau glacée. Il porte une lourde canadienne qui entrave ses mouvements. Le bac se dirige vers lui mais le chef de patrouille scoute qu’il est ne panique pas, se dégage du bac qui s’arrête aussitôt.


Jean-Claude scout et chef de patrouille

                                                                    Jean-Claude scout et chef de patrouille


Un chauffeur livreur des transports Mora s’accroche au bastingage en tendant le pied que Jean-Claude saisit. Il est récupéré par les mécaniciens qui le frictionnent pour éviter l’hypothermie. Jean-Claude se tire de cette situation délicate sans même être enrhumé. Son camarade lui aussi reçoit de la part de son père une friction, mais d’une tout autre nature.

 

 Une découverte imprévue.

 A peu près à la même époque, au début des années cinquante, au début du chemin qui mène à la ferme Chaillé, est plantée une croix signalant la tombe d’un soldat, tombe régulièrement fleurie par les enfants de l’école. Un jour, le maire de La Tremblade, le docteur Fourcade prend l’initiative d’en récupérer les ossements. On commence donc à déterrer le cadavre, mais l’œil averti du maire lui fait vite comprendre que les os n’ont rien d’humain. Aussi ne peut-il s’empêcher de s’exclamer «  M…, c’est un chien » ce qui provoque les sourires amusés de ses administrés.

 

Les années d’insouciance.

 Après ses années de collège à Marennes, Jean-Claude rentre à Fernand Chapsal, le lycée de Saintes. Puis il étudie la comptabilité pendant deux ans pour travailler dans l’entreprise familiale. Comme tous les jeunes de vingt ans de la presqu’île, il va danser avec ses amis à La Chaumière qui ne se trouve qu’à  deux cents mètres de sa maison natale. La patronne Mme Aimée Soubise les accueille toujours avec affection en leur lançant : « Alors mes petits chéris, vous venez danser ? » Jean-Claude apprécie les soirées à thème surtout les soirées déguisées.


Tout au fond de la terrasse, le dancing de La Chaumière

                           Tout au fond de la terrasse,le dancing de La Chaumière

 

A la fermeture de La Chaumière à deux heures du matin, une joyeuse troupe se regroupe autour de Pierre Magnan et Mr Gobeau qui jouent respectivement de l’accordéon et du violon. Ils empruntent l’avenue de Saintonge pour retrouver le chemin qui longe la Louisiane en direction du Mus de Loup. Dans la salle de restaurant, sous la tonnelle, le maître de céans, Pierre Magnan, prépare pour ses convives des omelettes au jambon, accompagnées du vin blanc local Le Rayon d’Or. Un demi siècle plus tard, Jean-Claude en salive encore.


Salle du restaurant du Mus de Loup sous la tonnelle

                                        Le bar et la salle de restaurant du Mus de Loup sous la tonnelle


 

 La loi est dure mais c’est la loi

  Dans les rues de Ronce, principalement dans l’avenue Gabrielle, la plus commerçante, règne une de ses vieilles connaissances, son oncle, ancien adjudant-chef de gendarmerie devenu appariteur, Mr Henri Blanque.


Avenue Gabrielle,Henri Blanque au centre fait respecter la

                                           Avenue Gabrielle. Henri Blanque, au centre, fait respecter la loi

 

Un jour de Pâques, Jean-Claude vient de garer son aronde devant la mercerie Bonnaud-Gaudin. C’est alors qu’il voit surgir le vélomoteur du représentant de l’ordre. Son oncle, après l’avoir salué à la façon d’un militaire, l’interpelle de sa voix de stentor : « Monsieur vous êtes stationné du mauvais côté ! » Il n’est pas besoin d’ajouter que ces reproches réitérés n’amusent guère le jeune homme.

 Pour oublier ces moments désagréables, Jean-Claude se rend à l’entrée de Ronce. Derrière le losange célèbre, sont fixés des panneaux sur lesquels les commerces ronçois font leur publicité.  Sur une esplanade en béton où aujourd’hui se trouve le restaurant l’Orée des Bois, Jean-Claude et son ami Jacques Faucheux bricolent un terrain de tennis. Avec des bandes de tissus attachées à une ficelle et à deux poteaux, ils installent ce qu’ils appellent un filet caleçon. Cet espace, bétonné par l’occupant, est très prisé également par les joueurs de jokari.


Derrière le losange à droite un enfant joue au jokari

                    A droite, derrière le losange, deux enfants jouent au jokari sous les arbres

 

 Horizons lointains.

 Jean-Claude qui n’a pas vraiment de goût pour la comptabilité et qui ne souhaite pas travailler avec les membres de sa famille rêve d’autres horizons.

L’arrêt de ses études signe la fin de son sursis. Deux mois après, il reçoit son affectation. Comme hors-d’œuvre, l’Allemagne pendant quatorze mois avant de rallier l’Algérie.

 Pendant seize mois Jean-Claude sert dans un régiment opérationnel avec le grade de Maréchal des logis. Les missions des commandos sont nombreuses, difficiles et particulièrement dangereuses. Il n’aime pas s’étendre sur cette période douloureuse de sa vie. Rejoignant la base arrière, il arrive à Aumale, le rempart des gazelles traduction de son nom en arabe.


Quartier militaire d'Aumale au début du XXième siècle

                                 Quartiers militaires d'Aumale au début du XXième siècle


Juchée à 890 mètres d’altitude, cette ancienne ville romaine d’Anzia, fondée sous l’empereur Auguste, se situe à une centaine de kilomètres au sud-est d’Alger. Entourée d’un mur percé de quatre portes,  c’est un centre essentiellement militaire. L’acteur Jean-Claude Brialy, dont le père était officier, y est né en 1933.


Jean-Claude Brialy natif d'Aumale en 1985 au festival de Co

                       Jean-Claude Brialy, natif d'Aumale, en 1985 au festival de Cognac

 

 C’était écrit.

  Le jour de son arrivée, son attention est attirée par une jeune fille qui part en vacances à Cherchell, ville sise à 90 kilomètres à l’ouest d’Alger. Celle-ci revient deux mois plus tard pour préparer la rentrée. Nicole Raimbault est en effet institutrice à Aumale, son premier poste. Elle a en charge un cours préparatoire dont l’effectif est surréaliste, cinquante- sept  élèves.


A gauche,Nicole Raimbault et ses élèves lors de la venue

         A gauche, Nicole Raimbault avec ses élèves lors de la venue du général Massu en 1958


A sa descente du bus, mektoub (c’était écrit), elle fait connaissance de Jean-Claude. Ainsi débute une idylle qui se concrétise en 1959 par un mariage à Zurich près de Cherchell, l’ancienne Césarée romaine. L’acte de mariage en coopération porte le n°1.


Les jeunes mariés, Jean-Claude et Nicole

                                                                  Les jeunes mariés, Jean-Claude et Nicole

 

La mère de Nicole, Léa, est journaliste. Elle s’est remariée avec Henri Baretaud député maire de Cherchell  et vice- président de l’Assemblée algérienne. Depuis 1942, l’Ecole d’officiers de réserve  a élu domicile dans cette ville côtière.


Henri Baretaud passe en revue les élèves de l'Ecole d'of

                     Henri Baretaud passe en revue les élèves de l'Ecole d'officiers de réserve


Pour suivre son épouse, Jean-Claude devient à son tour instituteur après un stage à l’Ecole Normale de Bouzareah. Ils sont, tout d’abord, nommés à Bou Saâda (la cité du bonheur de1959 à 1961) à plus de deux cents kilomètres au sud-est d’Alger, puis non loin d’Aumale à Aïn Bessem en Kabylie de 1961 à 1965.


Dernière affectation en Algérie à Aîn Bessem

 

                                                                Dernière affectation en Algérie à Aïn Bessem      

 

En 1963, Nicole met au monde Lionel son premier fils, le second Jean- Marc naîtra en 1971.

 

Retour en France.

 En 1965 craignant pour leur sécurité, ils regagnent la métropole. De 1965 à 1970 Jean-Claude a la responsabilité d’une classe unique de 40 élèves à la Chapelle sur Chézy, classe qui ne l’a pas oublié car elle l’a invité en mars dernier quarante ans plus tard.


Classe unique à La Chapelle sur Chezy. A lgauche de Jean-C

                              Classe unique à Chapelle sur Chezy.A gauche de Jean-Claude, son fils Lionel

 

Puis de 1970 à 1991 il est directeur d’école de Croutes sur Marne et premier magistrat pendant deux mandats.


Jean-Claude dans son bureau de maire à Croutes sur Marne

                                                  Jean -Claude dans son bureau de maire à Croutes sur Marne

 

Quant à Nicole, elle exerce, durant vingt-neuf ans au collège François Truffaut de Charly sur Marne, la fonction de conseillère d’éducation.

 

 El Chenoua à Ronce les Bains.

  L’heure de la retraite ayant sonné au début des années quatre-vingt-dix, Jean-Claude quitte la Champagne et s’installe avec son épouse dans la ville qui l’a vu naître. Tous les chemins ne mènent-ils pas à Ronce ? Il est vrai que depuis 1965, ils  reviennent régulièrement en vacances dans un préfabriqué au Riveaux, à La Tremblade. En 1974, ils se portent acquéreurs  de Jeannette, la villa de leur oncle,  Mr Fernand Besson. Ils la débaptisent et la nomme El Chenoua.

Ce massif montagneux, qui culmine à neuf cents mètres, domine la plage de Tipaza.  Il ressemble, dit-on, à une femme enceinte allongée.


El Chenoua domine la baie de Tipaza. A droite la stèle en

                       El Chenoua domine la baie de Tipaza. En bas,à droite, la stèle en lhonneur de Camus

 

Pour Nicole, il est un peu sa montagne Sainte-Victoire. Dans son salon, le tableau superbe qu’elle en a fait rappelle la douceur de vivre et les drames de cette Algérie qu’ils ont tant aimée. Face au djebel Chenoua, est érigée une stèle pour honorer Albert Camus sur laquelle on peut lire cet extrait des Noces de Tipaza : « Je comprends ici ce qu’on appelle gloire. Le  droit d’aimer sans mesure. Il n’y a qu’un seul amour dans ce monde. Etreindre un corps de femme, c’est aussi retenir contre soi cette joie  étrange qui descend du ciel vers la mer… »



Jean-Claude et Nicole en 2009 le jour de leurs noces d'or

                             Jean-Claude et Nicole en 2009, le jour de leurs noces d'or.

 

  Les trois ports d’attache, mieux les trois cœurs d’attache de Jean-Claude évoquent les paroles de la chanson de cet ancien instituteur de sa génération, originaire d’Algérie, Enrico Macias. Le premier, son chemin d’horizon, c’est Nicole, avec qui il a fêté ses noces d’or, ses enfants et ses cinq petits enfants ; le second, le souvenir d’un pays de passions ; le dernier, le toit de sa maison de Ronce les Bains. 

 

 

                                                          Daniel Chaduteau         18  novembre 2011

Par memoires-vives-ronce.over-blog.com
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Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 11:29

 

 

                                  La Belle Epoque et ses bains de mer.

 

   Avant de décrire les moments qui ont marqué la fête des Bains de mer de la Belle Epoque du 20 au 23 juillet 2011 à Ronce, un rapide rappel de leurs origines paraît opportun.

 

Affiche conçue par Pascal Langendorff d'après une aquarel

                    Affiche conçue par Pascal Langendorff d'après une aquarelle de Bénédicte Stef-Frisbey

 

  Quand on évoque les bains de mer, on pense d’emblée aux vacances, au plaisir de nager, de se rafraîchir, mais également au bien-être, à la remise en forme. Il est bon de rappeler que le mot thalassothérapie, abrégé en thalasso, nom de consonance grecque qui semble nouveau,  apparaît pourtant pour la première fois dès 1865.

 

 Bref historique de l’origine des bains de mer.


  On s’accorde à dire que cet engouement pour les bains de mer a débuté au XVIIIème siècle en Angleterre quand, dès 1753, le docteur Russel publie son ouvrage : « Les effets des bains de mer sur les glandes ». Convaincu par le sérieux de cette étude, Le Prince de Galles, trente ans plus tard, se rend à Brighton pour apporter son soutien à l’ouverture du premier établissement de bains. Premier, pas si sûr.

  De nombreuses personnalités romaines au rang desquelles on retrouve à la fin de la République, Marius, Pompée, César, Cicéron ont coutume de séjourner à Baïes une station balnéaire du golfe de Pouzzoles à une trentaine de kilomètres de Naples. Ils y font construire de superbes villas possédant toutes des thermes privés de grande capacité. Cette cité voit également l’aménagement de viviers alimentés en eau de mer et la création des premiers parcs à huîtres. Se régaler de poissons frais et de fruits de mer devient pour ces notables un luxe  ordinaire.

  Cette station réputée aussi pour la douceur de son climat et la beauté de ses plages continue d’être un lieu de villégiature privilégié pour les empereurs comme Caligula, Claude, Néron ... Aussi décident-ils d’y faire construire un palais dans lequel  Hadrien finira ses jours.  C’est enfin à Baïes  que le médecin d’Auguste, Antonius Musa, présageant les vertus thérapeutiques de l’eau de mer, préconise déjà de prendre des bains de mer glacés.

 

  Partie d’Angleterre, comme on l’a vu, la vogue des bains de mer traverse la Manche. Dès les années 1820, à Dieppe et à Boulogne sur Mer, on assiste à l’inauguration des premiers établissements. Mais  c’est sous le second Empire que, grâce au développement du transport ferroviaire,  des villes comme Biarritz, Deauville et beaucoup d’autres vont gagner leurs lettres de noblesse.

 

Arrivée des bains de mer à Ronce les Bains.

    Deauville, l’an passé, a fêté comme Ronce, le 150ème anniversaire de sa création. L’excellent historien local, Michel Chaigne, apporte la preuve que l’arrivée des bains de mer à Ronce  coïncide   avec son inauguration. Il cite en effet la lettre du préfet envoyée au maire de La Tremblade le 28 juin 1860 : « Le Maire de la Tremblade est autorisé à établir sur la plage du Mus  de Loup à l’embouchure de la Seudre vingt cabanes de baigneurs pendant la saison des bains de 1861 ; les cabanes ne seront point fixées et seront enlevées du premier au quinze septembre au plus tard ; elles seront de quatre m2 et la commune paiera une somme de deux francs par cabane dans la caisse de Mr le receveur... »

Michel Chaigne ajoute : « Ronce les Bains n’était alors qu’un modeste hameau, propriété quasi exclusive d’Edgar Perraudeau de Beaufief, où un chalet, une ferme et quelques pavillons permettaient aux baigneurs de passer la journée sur la côte, voire de s’y loger. L’inauguration officielle de ces bains de mer eut lieu le  5 août 1860. »

 

 Un docteur visionnaire.

  C’est le livre Des bains de mer de La Tremblade, ouvrage du Docteur  Brochard, publié le 15 juin 1862 qui va faire connaître les bienfaits attribués aux bains de mer et ainsi participer grandement  à l’envol  et à l’expansion de Ronce.

André Letélié dans son étude parue en 1890 : Ronce les bains, Marennes et la côte saintongeaise, lui rend un vibrant hommage : « Le docteur Brochard se rendit compte de ressources hygiéniques, offertes surtout à l’enfant par une plage de plusieurs kilomètres d’étendue, à pente extrêmement douce. Les senteurs balsamiques des pins, un air salin vivifiant, une température qui permet à la flore du midi de croître spontanément, il ne lui en fallait pas davantage pour le confirmer dans l’idée qu’il avait sous la main tous les éléments réunis pour une station balnéaire. » Saluant également l’apport irremplaçable de deux autres fondateurs Georges Dières Monplaisir et Paul de Saint Martin Lacaze, il poursuit : « Actuellement, aux quelques  chalets qui bordaient la falaise, au Grand Chalet très agrandi qui fut le premier jalon planté sur cette grève, il s’en est joint une foule d’autres (sur un plan daté de 1890, on en comptabilise vingt quatre, soit plus d’un tiers des constructions ronçoises) permettant à deux cents baigneurs de se livrer  aux plaisirs d’une agréable villégiature… » Et il conclut : « Cette plage est maintenant couverte de cabanes de baigneurs. »


Le premier Grand Chalet sans doute en bois

                                                  Le premier Grand Chalet

 

 

Le Grand Chalet après son agrandissement

                                                           Le grand Chalet après son agrandissement    

 

   A Ronce, ces cabines de bains, à l’exception notable de celle de la Louisiane, sans doute la plus ancienne construite dans les années 1860, sont en bois. La cabine de bains de La Louisiane détruite lors de la se

              La cabine de bains de La louisiane détruite lors de la seconde guerre mondiale


 

Elles sont fixes et fleurissent sur le brise-lame. Elles ne sont pas tractées, comme à Boulogne par exemple, jusqu’à la mer par un cheval robuste pour permettre aux dames de se changer en toute discrétion  avant que de maîtres baigneurs ne les  transportent dans leurs bras d’athlète jusqu’à l’eau. Mais il n’est pas interdit de penser qu'à Ronce, des messieurs galants  devaient se porter volontaires pour accomplir cette tâche au demeurant fort plaisante.

 

Les cabines de bains de Boulogne tractées par des chevaux

                           Les cabines de bains de Boulogne tractées par des chevaux

 

 Autres temps, autres modes


  Les maillots de bains portent bien leur nom car effectivement ils emmaillotent les baigneurs comme des bébés. Ceux des femmes sont de véritables costumes de bains, qui leur couvrent le corps du cou jusqu’aux mollets. A cette époque, se dénuder, c’est  attenter à la pudeur. Des hommes politiques comme le sénateur René Béranger ou hommes d’église comme l’abbé Sertillanges veillent à la décence et aux bonnes mœurs. Aussi les baigneuses sont-elles coiffées d’une espèce de charlotte  et  portent-elles une sorte de tablier sous lequel dépasse un pantalon bouffant. Ainsi attifées, quand elles sortent de l’eau, elles ressemblent davantage à des épouvantails à moineaux qu’à des Vénus naissant de l’écume de la mer. Les hommes, eux, avec leurs caleçons longs unis ou rayés qui moulent leurs attributs virils, ont assurément plus fière allure.


On se sent bien en maillot de bains en 1912

                                                    On se sent bien en maillots de bains en 1912


   Comme beaucoup de gens ne savent pas nager, ils se contentent de déambuler le long de la plage, les pieds dans l’eau. Les dames, très élégantes, s’abritent du soleil sous leur ombrelle. A l’inverse d’aujourd’hui, garder la peau claire est leur préoccupation constante. Dans cette France aux trois quarts rurale, c’est, pour ces citadines fortunées, habituées du casino du Grand Chalet et propriétaires des belles demeures construites sur le front de mer, une façon radicale et définitive de se différencier des femmes à la peau halée qui travaillent aux champs.

Le poème de François Coppée, tiré de son recueil " Les jeunes filles" daté de 1878 retrace à merveille cette époque:

 

" Sur la plage élégante au sable de velours

Que frappent, réguliers et calmes, les flots lourds

Tels que des vers pompeux aux nobles hémistiches,

Les enfants des baigneurs oisifs, les enfants riches,

Qui viennent des hôtels voisins et des chalets,

La jaquette troussée au-dessus des mollets,

Courent, les pieds dans l’eau, jouant avec la lame,

Le rire dans les yeux et le bonheur dans l’âme,

Sains et superbes sous leurs habits étoffés,

Et d’un mignon chapeau de matelot coiffés.

 

Ces beaux enfants gâtés, ainsi qu’on les appelle

Creusent gaiement, avec une petite pelle,

Dans le fin sable d’or des canaux et des trous ;

Et ce même Océan, qui peut dans son courroux

Broyer sur les récifs les grands steamers de cuivre

Laisse, indulgent aïeul, son flot docile suivre

Le chemin que lui trace un caprice d’enfant.

Ils sont là, l’œil ravi, les cheveux blonds au vent,

Non loin d’une maman rôdant sous son ombrelle,

Et trouvent à coup sûr, chose bien naturelle

Que la mer soit si belle et les amuse ainsi.

 

Des moussaillons du port, des pêcheurs de crevettes,

Passent, le cou tendu sous le poids des paniers.

Ce sont les fils des gens du peuple, les derniers

Des pauvres, et le sort leur fit  rude vie.

Mais ils vont, sérieux, sans un regard d’envie

Pour ces jolis babys et les plaisirs qu’ils ont.

Comme de courageux petits marins qu’ils sont,

Ils aiment leur métier pénible et salutaire

Et ne jalousent point les heureux de la terre ;

Car ils savent combien maternelle est la mer,

Et que pour eux aussi souffle le vent amer

Qui rend robuste et belle, en lui baisant la joue,

L’enfance qui travaille et l’enfance qui joue."    

       

 

Villas sur le brise-lame

                                                                          Villas sur le brise-lame

 

       A droite, la villa Beauséjour qui fête cette année son c                         A droite la villa Beauséjour qui fête son centenaire cette année

 

 

     

 

                                                      Récit de la fête.


  Mercredi 20 juillet

 

«  Bis repetita placent. »  Se référant à cet aphorisme célèbre, la municipalité de La Tremblade, après le succès du 150ème anniversaire de Ronce l’an passé, a voulu jouer les prolongations en proposant un nouveau rendez-vous festif.

  A 11 heures, ça devient une habitude, les personnes costumées se regroupent au bout de la place Brochard pour l’inauguration. Après le mot d’accueil et les remerciements de l’adjointe à la culture Mme Liliane Jaud, Le maire Jean-Pierre Tallieu  procède au lancement des réjouissances devant un parterre clairsemé.

 

La fête inaugurée par Liliane Jaud et Jean-Pierre Tallieu

                                          La fête inaugurée par Liliane Jaud et Jean-Pierre Tallieu

 

Il est vrai que le ciel couvert, les nuages menaçants et le vent frisquet n’ont pas incité les gens à revêtir leurs plus beaux atours. Seule une cinquantaine de  téméraires ose défier les éléments hostiles. Heureusement, pineau, jus de fruits et galettes offerts devant la base nautique leur réchauffent le cœur.

 

 

Le groupe des gens costumés devant une cabine de bains

                                        Le groupe des personnes costumées devant une cabine de bains

 

  Si les cieux du matin ont été relativement cléments, changement de décors en ce début d’après-midi ; un véritable déluge  s’abat sur Ronce. Le concours de châteaux de sable, prévu dans le programme, est bien-sûr annulé mais pas la visite de Ronce. Quelle n’est pas la surprise des intervenants quand ils constatent qu’une dizaine de participants les attendent patiemment devant l’Office du tourisme. La sagesse eût été de reporter la visite mais leur envie de mieux connaître la station emporte l’adhésion des deux guides, Catherine Lainé et Jean-François Géffré. Pendant près d’une heure trente, les deux compères se prennent pour Debbie Reynols et Gene Kelly et  interprètent,  sous une minuscule  forêt de parapluies, le remake de Chantons sous la pluie sous l’œil amusé de quelques badauds.

 A 21h 30, la parade nuptiale de la Belle Epoque tombe à l’eau, si l’on peut dire. La noce se contente d’une séance de photos dans l’enceinte du casino.

 

Le cortège nuptial coincé au casino en raison du mauvais

                                           Le cortège nuptial bloqué au casino en raison du mauvais temps

 

    Jeudi 21 juillet


10 heures. Le soleil daigne enfin nous gratifier de ses rayons encore bien timides. A la base nautique, les organisateurs de l’exposition sur les bains de mer invitent tous ceux qui ont vécu ou passer leurs vacances à Ronce à échanger leurs souvenirs autour d’un petit déjeuner convivial.

 

 

Catherine Lainé et Michel Buraud accueillent les visiteurs

                        Catherine Lainé et Michel Buraud accueillent les visiteurs de l'exposition

 

17 h 30.

 Le groupe de gens costumés plus dense que la veille se rassemble autour des mariés pour défiler dans les rues de Ronce. Le tracé n’a pas été choisi au hasard. La noce se met en marche devant le casino pour rejoindre, après une courte halte sur le ponton de la place Brochard, le Grand Chalet.

 

La noce devant le casino

                                                                             La noce devant le casino

 

Courte halte sur le ponton

                                                                                       Courte halte sur le ponton

 

Sous la conduite de Mr Alain Tontale, directeur de l’Office du tourisme et précédé d’un jeune accordéoniste, le cortège qui emboîte le pas aux mariés représent, à lui seul, tout un symbole.

 

La parade conduite par l'accordéoniste et Mr Alain Tontal

                                    La parade conduite par l'accordéoniste et Mr Alain Tontale

 

En effet, l’établissement de jeux inauguré en juin  2007, constitue le dernier  bâtiment d’envergure construit à Ronce. Quant au Grand Chalet, complexe hôtelier qui comportait également un casino, c’est, à l’inverse, la première  construction de ce type ouvert à Ronce à la Belle Epoque.

 

Casino du Grand Chalet à la Belle Epoque

                                                    Casino du Grand Chalet à La Belle Epoque

 

En empruntant l’avenue Gabrielle qui concentre la majeure partie du patrimoine ronçois, ce parcours d’un kilomètre environ représente donc une plongée dans le temps d’un peu plus de cent ans. Ce trait d’union entre le présent et le passé, illustré par une histoire d’amour, ne laisse pas insensibles les participants pour la plupart entichés de Ronce.


Le temps suspend son vol devant le Grand Chalet

                                              Le temps suspend son vol devant le Grand Chalet


La traditionnelle photo de groupe  se déroule dans une bonne humeur communicative face au kiosque. Mariage pluvieux mariage joyeux

                                                                     Mariage pluvieux, mariage joyeux


A  20 heures,  quelques couples se retrouvent pour dîner à L’Ardoise, au restaurant du casino, avant d’assister à 21h 30 au spectacle de cabaret de bonne facture donné sur la place devant un public nombreux et chaleureux malgré la température ambiante.


Bon appétit les amis!

                                                                         Bon appétit les amis!

 

      Michel Buraud joliment entouré

                                                                Michel Buraud joliment entouré

 

     Spectacle de cabaret place du casino

                                                           Spectacle de cabaret place du casino

 

     Le public frigorifié apprécie le spectacle                                       Le public frigorifié apprécie le spectacle

 

   Vendredi 22 juillet

 

Cette journée est assurément la plus réussie.

 

11h. La base nautique reçoit la visite d’une figure de Ronce qui a toute sa place dans cette fête car, pendant près de trente ans, Bernard Bécavin, c’est de lui qu’il s’agit, a été le maître nageur le plus emblématique de la plage de la Cèpe. C’est Philippe Claise une des mémoires vives de la station qui l’a convaincu d’honorer de sa présence cette manifestation. Entourés d’une dizaine de vieux amis, il admire l’ exposition particulièrement bien documentée et illustrée grâce à la diligence de Mmes Descamps, Guiet, Berthaud, Héral et Lainé et celle de Mrs Moreau, Géffré et Descamps. Pour que les aoûtiens puissent la contempler, elle mériterait  d’être étalée dans le temps.


Bernard Bécavin accueilli par Liliane Jaud visite l'exposi

     Bernard Bécavin au centre en pull bleu, accueilli par Liliane Jaud, visite  l'exposition avec son  épouse Françoise et ses amis l'exposition

 

18h.  C’est l’heure tant attendue du défilé d’une trentaine d’intrépides de tous âges qui ont enfilé les  maillots de bains de la Belle Epoque. Leur seule motivation quand ils montent sur le podium individuellement ou en groupe, aucun prix n’étant en jeu, c’est  le plaisir de  se divertir ensemble et  peut-être aussi de rendre hommage à leurs aïeux  en ravivant leurs façons de se vêtir.


Le groupe des maillotés sur le podium

                                                                Le groupe des emmaillotés sur le podium


Certains maillots sont d’époque mais la plupart ont été confectionnés avec patience et passion par les mains expertes de couturières. Les photographes en nombre croissant jouent des coudes pour capturer et suspendre pour la postérité ces moments aussi magiques qu’éphémères. Réunis une dernière fois sur le ponton, ces baigneurs d’un autre âge, tout intimidés, ne manquent cependant pas de classe et offrent aux spectateurs une insolite palette de couleurs.


Les baigneurs d'aujourd'hui

                                                                         Les baigneurs d'aujourd'hui

      Les baigneurs d'hier

                                                                          Les baigneurs d'hier

 

       Des baigneurs de tous âges

                                                     Des baigneurs de tous âges

 

 

 

 20h30. Début de soirée avec le récital des Chantonnants. Cette petite troupe d’une quinzaine d’unités, créée en 2006 par Mr Guy Mollé est actuellement présidée par Mr Jean-Pierre Siret. Distraire en se distrayant est sa  philosophie.


La troupe des Chantonnants lors de son récital

                                                La troupe des Chantonnants lors de son récital

 

Mme Jeannie Scheyder en assure la direction musicale. Mr Robert Warroux, aidé dans sa tâche par son épouse Danièle, se charge de la mise en scène. Robert n’est pas un néophyte, il monte des spectacles depuis sa jeunesse. Ce tour de chant d’une heure qui a nécessité une dizaine de répétitions au foyer ronçois est bien rodé, cela va de soi, par le rôdeur de barrière (mauvais garçon prêt à jouer du couteau) joué par Robert. La gouaille de ce titi parisien qu’il est réellement fait mouche dans la présentation d’une alternance de chansons réalistes,  drôles, voire coquines. Mais c’est quand les incidents s’accumulent, lorsque Marcel n’est pas dans le ton, que les  partitions tenues sur le pupitre par des pinces à linge jouent la fille de l’air, que  Robert donne toute la mesure de son talent d’improvisateur.


Au centre Mr Robert Warroux le metteur en scène de la tro

                                  Au centre Mr Robert Warroux le metteur en scène de la troupe

 

A tour de rôle, chaque membre du groupe donne le meilleur de lui-même en interprétant des chansons aux titres évocateurs comme Ne me dis plus tu, Du gris, J’y va ti, j’y va ti pas, Elle s’était fait couper les cheveux, Ca c’est d’la bagnole, L’aéroplane, Zaza ( La liste n’est pas exhaustive.) Progressivement le public séduit par le charme désuet de ces chansons à texte qu’il découvre pour la plupart se laisse aller à reprendre les refrains.


Lle public nombreux a salué la prestation de la troupe

                                                Le public nombreux a salué la prestation des Chantonnants


        A l’issue du spectacle, Mme Colette Benest lit une poésie de sa composition.


Colette Benest lit le poème de sa composition


Enfin Mme Sylviane Boutet célèbre à sa façon Les bains de mer, en chantant de sa voix grave sur l’air de Mon amant de Saint-Jean, sa nouvelle version, préalablement distribuée aux spectateurs ;  ces derniers ne se font pas prier pour l’accompagner.


Sylviane Boutet célèbre Ronce en chantant

 

   21H 30. Le public, des refrains plein la tête, remonte l’avenue Gabrielle pour gagner le marché de nuit. L’idée initiale de J.F Géffré se voit concrétiser par la municipalité. Trois heures durant, l’ancienne place du marché située place des roses reprend du service et retrouve son lustre d’antan. En faisant preuve d’un peu d’imagination, ces  chapiteaux immaculés, installés en U, font penser à un Camp du Drap d’or en miniature ou plus simplement aux échoppes médiévales. Un sculpteur sur bois côtoie un réparateur de cycles, une brodeuse un vendeur de produits du terroir, un rempailleur une cartomancienne, une botaniste une vendeuse de cagouilles.


Une brodeuse très souriante

                                                                    Une brodeuse très souriante

 

        Christian Desbordes dans son atelier

                                                             Christian Desbordes dans son atelier

 

Au centre de la place, dans un enclos grillagé, des gallinacés ravissent les jeunes enfants. La foule disciplinée s’informe auprès des artisans sur leur activité ou en profite pour faire quelques achats.

 La nuit est fraîche mais douce ce 22 juillet


La foule se presse au marché de nuit place des roses

                                               La foule se presse au marché de nuit place des roses

 

 Samedi 23 juillet.

 

 Dernier jour

Dès 14h,  le vrombissement des moteurs des voitures anciennes se fait entendre place du Casino. Mr Tontale se débat comme un beau diable pour faire évacuer au plus vite les véhicules modernes qui l’encombrent . A 14h 30, vingt cinq  superbes mécaniques alignées sur deux rangées resplendissent sous le soleil.


Trois belles voitures anciennes dont une Berliet au premier

                   Trois belles voitures anciennes dont une Berliet au premier plan et une Ford au fond


Leurs propriétaires qui les couvent des yeux racontent avec fierté, aux admirateurs de ces belles cylindrées, l’histoire de leur acquisition et surtout les étapes de leur restauration. Parmi elles, deux se détachent du lot : une Ford de 1911 et une Berliet de 1917.

 

A 16h  les véhicules qui ont pris à leur  bord des participants costumés, se dirigent vers le centre ville de La Tremblade. Ensuite ils rejoignent la grève  et  achèvent ce défilé haut en couleur dans les avenues de Ronce.


C'est parti pour la balade

                                                                                C'est parti pour la balade


 

   21h place Brochard. Quelques optimistes irréductibles s’approchent du ponton pour s’enthousiasmer devant le clou du spectacle, l’illumination des voiles des vieux gréements par un feu d’artifice.


On voulait voir les vieux gréements illuminés

                                                          Ils voulaient voir les vieux gréements illuminés


Seulement le clou largement arrosé depuis quelques jours et malmené, ce samedi soir, par un vent violent est rouillé et ne peut être mis en œuvre pour des raisons de sécurité. Dieu merci, le bal guinguette bat son plein et entraîne sur la piste autant de danseurs avertis que de personnes transies de froid. 


Le bal guingette conclut la fête

                                                                     Le bal guinguette conclut la fête

 

 Depuis la Belle Epoque cent ans se sont écoulés. Le goût affiché des Français pour la généalogie montre leur intérêt à rechercher et retrouver leurs racines dans un monde qui manque de repères. On constate aussi que de nombreux retraités, mais pas seulement, n’hésitent pas quelquefois à revenir de très loin sur les lieux qui ont bercé leur jeunesse. Ronce n’échappe pas à cette recherche du temps perdu et voit affluer de plus en plus de personnes qui cultivent la nostalgie. On ne peut donc que saluer les initiatives privées et publiques comme cette fête de La Belle Epoque et ses Bains de mer, riche en rencontres, qui s’est tenue à Ronce du 20 au 23 juillet 2011. Elle a fait suite et complété celle du 150ème anniversaire de l’an passé. Vivement la prochaine, sous le soleil évidemment ! Ne dit on pas jamais deux sans trois !


Carte de la Belle Epoque

 

 

 «  Le présent est aride et trouble, l’avenir est caché. Toute la richesse, toute la splendeur, toute la grâce du monde est dans le passé.  » Cette phrase d’Anatole France, auteur qui a vécu à La Belle Epoque, a résonné un peu plus fort à nos oreilles, pendant ces quatre jours mémorables.

 

                                                           Daniel Chaduteau.       7  août  2O11

Par memoires-vives-ronce.over-blog.com
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