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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 17:26

Nombreux sont ceux qui ont lu le roman de l’américaine Louisa May Alcott publié en 1868 et plusieurs fois adapté au cinéma, Les quatre filles du docteur March. Ce livre raconte l’histoire de quatre sœurs issues de la classe moyenne américaine pendant la guerre de Sécession.

Pourquoi évoquer ce roman dans un blog consacré à Ronce les bains ? A priori aucune similitude. Pourtant une famille qui a passé la majeure partie de sa vie à Ronce a acquis comme celle du docteur March une certaine notoriété en raison de son nom universellement connu, de sa progéniture atypique, et de ses activités commerciales variées. C’est ainsi que Trembladais, Ronçois et estivants se souviennent encore de Mr et Mme Chopin et de leurs six filles. Rencontre avec deux d’entre elles, Maryvonne et Françoise qui ont accepté de relater les grands moments de leur passé familial.

Famille Quantin, famille Chopin : les rencontres

Leur grand-père maternel nommé Louis Quantin né à La Tremblade en 1883 est une figure locale . Cet homme de caractère, fils de François Quantin et de Virginie Musseau, a une voix de ténor qui porte. A la fin des repas avec sa sœur Thérèse, il adore chanter des airs d’opéra et ne manque pas de talent.

Avant la première guerre mondiale, il fait la connaissance à Ronce les Bains d’une jeune fille, Marie- Louise Lazare, originaire de Beauvais. Elle travaille comme femme de chambre pour une famille logeant dans une des belles maisons côtières de la station balnéaire. Louis l’épouse.

   Photo de mariage célébré à Beauvais de Mr et Mme Louis Quantin

Photo de mariage célébré à Beauvais de Mr et Mme Louis Quantin

Mon désir: la partition parfaite de la famille Chopin

Sa femme met au monde René et Odette. (Photo ci-contre). Louis se porte acquéreur à La Tremblade dans les années 20 de l’Hôtel des bains qu’il rénove puis devient propriétaire d’un café restaurant avenue Gabrielle à Ronce.

Mon désir: la partition parfaite de la famille Chopin
                         A droite, l'Hôtel des bains au début du siècle dernier

A droite, l'Hôtel des bains au début du siècle dernier

Mon désir: la partition parfaite de la famille Chopin

Leur fille Odette est une bonne élève. Elle rejoint à 15 ans le lycée de La Rochelle. A 17 ans elle trouve un emploi de standardiste à Aulnay de Saintonge. Un jour, elle rencontre un jeune dépanneur qui, assis dans une brouette, a du vague à l’âme. Odette éprouve tout de suite de la compassion pour ce jeune homme qui lui avoue que sa petite amie vient de le laisser tomber. Ce jeune homme s’appelle Raymond Chopin. Son père est agriculteur à Saint-Léger. Lui, exerce le métier d’électricien à Saintes mais habite Pons. Souvent il effectue à vélo deux allers-retours soit cent kilomètres pour aller travailler et revenir chez lui se restaurer. Mais cette distance ne lui fait pas peur car toute sa vie durant faire du vélo sera un de ses passe-temps favori. Remarqué pour son agilité à monter aux poteaux, il participe activement à l’électrification de la campagne saintaise. Odette a trouvé des paroles adéquates pour réconforter Raymond. Ils se revoient, s’aiment et décident de se marier à Pons au début des années 30.

                          Les jeunes mariés, Raymond et Odette Chopin

Les jeunes mariés, Raymond et Odette Chopin

Ils ont tous les deux 19 ans. Lui est protestant, elle est catholique. La famille sera protestante. Odette travaille quelque temps à la poste de Pons. De leur union, naissent six filles, Claude en 1932, Gisèle en 1934, Maryvonne en 1936, Françoise en 1943, Rosine en 1946 et Danièle en 1947. Odette reçoit en héritage de son père Louis Quantin un terrain et une maison que lui-même a construite et qu’il a appelée Mon désir.

Toute la famille quitte le logement de Pons pour emménager dans la maison Mon désir à Ronce en 1947. Maryvonne a onze ans, Françoise, quatre. Elle loge dans cette grande maison de six pièces qui comporte aussi une cave voûtée.

               Août 1948. La famille Chopin pose sur le balcon de leur nouvelle maison

Août 1948. La famille Chopin pose sur le balcon de leur nouvelle maison

Les trois plus jeunes sœurs vont fréquenter bien-sûr l’école primaire de Ronce.

           Rosine et Danièle devant l'école primaire de Ronce au début des années 50

Rosine et Danièle devant l'école primaire de Ronce au début des années 50

    Fête de fin d'année dans la cour de l'école. A droite Rosine et Danièle en train de danser

Fête de fin d'année dans la cour de l'école. A droite Rosine et Danièle en train de danser

Des pylônes à la basse-cour.

Mr Chopin, sans doute lassé de voir la vie en haut des pylônes décide de changer de métier. L’ancien électricien se lance dans l’élevage de poulets et de poules pondeuses. Pour sa consommation personnelle, il récolte également le raisin, Le Rayon d’or, de la vigne qui court jusqu’à la route et aussi de succulentes pêches. Cette vigne a causé bien des soucis au grand-père Louis. Pendant l’Occupation allemande, des soldats avaient coutume de chaparder et de déguster des grappes au grand dam de son propriétaire. Pour protéger son bien, Louis aussi courageux qu’inconscient les avait menacés avec son fusil ce qui lui avait valu d’être expulsé manu militari de chez lui.

   Mon désir, maison construite par Louis Quantin. A droite, derrière l'arbre, des rangs de vigne

Mon désir, maison construite par Louis Quantin. A droite, derrière l'arbre, des rangs de vigne

Raymond commence sa nouvelle activité à la fin des années 40. Il prodigue de précieux conseils à Mr Xavier Dières Monplaisir qui s'installe à Ronce quelques années après lui. Sur le vaste terrain qu’il a acheté à Mr Chevet, il construit des bâtiments pour plusieurs centaines de poussins à un jour livrés dans des cartons par le car qui fait office de transporteur.

                                  Un des poulaillers construit par Raymond

Un des poulaillers construit par Raymond

Ces poussins sont élevés en couveuses confectionnées par Raymond en personne. Les quinze premiers jours, chaque membre de la famille surveille à tour de rôle le poulailler pour éviter que les volatiles les plus forts n’agressent les plus faibles. Les enfants en pleine nuit dégustent des sandwiches avec des poussins sur l’épaule. Ce laps de temps écoulé, les petites bêtes jaunes rejoignent le grand bâtiment et retrouvent une litière permanente constituée de paille et surtout de sciure et de copeaux. Mr Déola offre gratuitement et régulièrement les résidus du bois, conditionnés dans des sacs en papier. Ce changement de litière procure une hygiène indispensable et prévient la contamination des volailles. De surcroît, une fois par an, les bâtiments sont nettoyés à la chaux vive.

                                17 mai 1948. Raymond et deux de ses filles

17 mai 1948. Raymond et deux de ses filles

Raymond le factotum d’une entreprise familiale

Raymond invente aussi un entonnoir sécateur qui décapite les poulets. Pour que les poules sur leur perchoir pondent davantage, il se lève, l’hiver, à cinq heures du matin pour allumer l’électricité. Plus tard il installera un programmateur.

                      Françoise et son père donnent à manger aux poules qui vivent en liberté

Françoise et son père donnent à manger aux poules qui vivent en liberté

Françoise très proche de son père se souvient que pour réciter ses leçons elle s'asseyait sur des cages à poussins qui avaient investi la salle à manger. Raymond au volant de sa Citroën B 14 qu’il démarre à la manivelle parcourt toute la presqu’île d’Arvert et va même au-delà en vendant œufs, poulets, poulardes nourries à l’herbe et à la farine de blé. Cette camionnette achetée en 1948, il la surnomme affectueusement Titine

      Raymond et sa Titine. Une patate tient lieu de bouchon de réservoir d'essence

Raymond et sa Titine. Une patate tient lieu de bouchon de réservoir d'essence

Maryvonne et Françoise n’ont pas oublié non plus leurs livraisons à bicyclette au restaurant du Grand Chalet. L’élevage de la famille Chopin est reconnu pour la qualité de ses produits. L’été, à côté de la pâtisserie de la famille Huvelin La marquise d’Anchoine, Maryvonne et son père, les jours de marché, avenue Gabrielle, tiennent un banc, une grande planche posée sur deux tréteaux.

                            Raymond et sa fille Maryvonne au marché de Ronce

Raymond et sa fille Maryvonne au marché de Ronce

Odette avec une balance romaine a pesé les volailles, les a étiquetées et les a emballées dans du papier sulfurisé. Cette dernière à cette époque-là travaille également à la poste de Marennes. Chaque matin elle rejoint le bac de La Tremblade à scooter. Pour les enfants qui la voient circuler, elle passe pour une Martienne car elle est casquée et porte souvent un ciré vert. Vu l’emploi du temps démentiel de sa fille, Marie-Louise Quantin sert de nounou aux trois filles les plus jeunes. A son décès, leurs grandes sœurs vont prendre le relais.

  1955 devant les rangs de vigne. Odette sur sa vespa va prendre le bac et rejoindre Marennes

1955 devant les rangs de vigne. Odette sur sa vespa va prendre le bac et rejoindre Marennes

Milieu des années 50. Françoise se souvient encore que les jours de marché tout le monde était sur le pont dès quatre heures du matin. Elle raconte : « Une fois qu’elles étaient tuées, on trempait les volailles dans l’eau chaude ; puis elles passaient dans une machine faite de cylindres de caoutchouc, sorte de brosses à cheveux rondes qui les plumaient. »

Elle se rappelle aussi un épisode qui l’a marquée : « Un de nos fournisseurs chargé de l’alimentation des volailles s’est trompé de farine. Le rendement de la ponte des poules s’est vite révélé très insuffisant. Par voie de conséquence, l’entreprise a perdu plusieurs marchés dont un essentiel, celui de la Biscuiterie Brossard de Saint-Jean d’Angély. Quand les poules se sont remises à pondre, il a fallu écouler le surplus de marchandises. Donc pendant quelque temps, à six heures du matin, je montais dans la camionnette d’un voisin maraîcher qui me conduisait jusqu’au marché de Royan où je vendais les œufs avant d’aller suivre mes cours au collège. »

Pour transporter tous les membres de sa famille, Raymond achète une Peugeot commerciale.

                Trois des soeurs Chopin et leurs parents devant le break Peugeot

Trois des soeurs Chopin et leurs parents devant le break Peugeot

Création du camping Mon désir.

Après une dizaine d’années d’activité, Raymond ne supporte plus de tuer les animaux à la chaîne. Sa femme arrête de travailler à la poste de Marennes et prend sa retraite. A la même époque les deux campings de la Cèpe appartenant à la famille de Saint-Martin Lacaze ferment. Les Chopin ont l’idée d’aménager en camping le terrain où vivaient les poules

                Vue aérienne du stade de football qui jouxtait le camping Mon désir

Vue aérienne du stade de football qui jouxtait le camping Mon désir

Raymond qui aime la plaisanterie et les bons mots a coutume de lancer à la cantonade : « J’ai remplacé des poules à plumes par des poules à poils. »

La tâche est immense. A l’origine, seules sont admises les toiles de tente. La famille n’hésite pas à demander aux campeurs de les aider à défricher le terrain. Au début les conditions d’hébergement sont spartiates. Un robinet, des toilettes et une douche froide.

                                        Camping Mon désir. Années 60

Camping Mon désir. Années 60

Mais très rapidement grâce au travail acharné de Raymond qui est un expert en bricolage, le camping au fur et à mesure que les années s’écoulent se modernise. Les douches ont l’eau chaude, les sanitaires sont dignes de ce nom.

                                     Le camping s'est modernisé

Le camping s'est modernisé

Raymond a construit une seconde maison à côté de Mon désir. Ses filles logent dans le grenier. La villa Mon désir, elle, est louée à des estivants qui, revenant chaque année, deviennent des amis. Est installée également à l’entrée du camping une épicerie tenue par Odette et un autre bâtiment où deux de ses filles et sa belle-sœur Denise préparent frites, sandwiches et autre restauration rapide. Toutes ces infrastructures voient le jour dans les années soixante. La famille Chopin arrive à fidéliser pendant des décennies plusieurs générations d’une même famille, séduites non seulement par l’ambiance familiale du camping, par les animations souvent initiés par les campeurs eux-mêmes (concours de boules, concours de belote, soirées dansantes …) mais aussi par la proximité des commerces de l’avenue Gabrielle, de la plage de la Cèpe et de la place Brochard qu’ont investie les forains.

             Repas champêtre,organisé par des amis belges à l'occasion de leur fête nationale

Repas champêtre,organisé par des amis belges à l'occasion de leur fête nationale

Il ne faut guère plus de dix minutes à pied pour effectuer le trajet d’un kilomètre qui sépare le camping des principaux lieux touristiques et économiques de Ronce. On peut ajouter qu’étant situé en retrait de la départementale, il offre aux campeurs un havre de paix.

                                    Carte postale multi-vues du camping

Carte postale multi-vues du camping

                                               Publicité de 1974

Publicité de 1974

Toujours plus.

La famille aurait pu se contenter de gérer ce camping ce qui n’était pas une mince affaire. C’était bien mal connaître ce couple dynamique qui, comme on l’a vu, ne comptait pas ses heures. C’est ainsi qu’ils prennent la décision d’implanter une station service qui donne sur l’avenue qui mène à l’entrée de Ronce.

                        A gauche, la station Total à l'entrée de Ronce

A gauche, la station Total à l'entrée de Ronce

Une fois encore, les Chopin ont su saisir l’opportunité qui s’offre à eux de faire fructifier leurs affaires. L’ouverture en 1960 de la route touristique a provoqué un afflux considérable de véhicules qui rejoignent les parkings des plages du Galon d’or, de l’Embellie et de la Pointe Espagnole, parkings nouvellement créés par l’Office National des forêts. Les trois plus jeunes sœurs, toutes adolescentes se chargent de remplir les réservoirs d’essence. Elles ne portent pas l’uniforme du groupe Total. Mr Chopin autorise ses filles à servir en tenue estivale qui, plus légère, reste toutefois décente.

                                        La station service et la villa Mon désir

La station service et la villa Mon désir

Françoise, Rosine, Danièle particulièrement malignes ont les yeux rivés sur le cadran de la pompe et arrêtent le pistolet juste avant le chiffre rond. Les clients, charmés par leur gentillesse, leur sourire et leur beauté laissent la pièce pour le service rendu. La carte de crédit n’existant pas encore, toutes les transactions se font en liquide. Pendant les deux mois et demi d’été, elles arrivent à récolter un pécule non négligeable qui dépasse les 2 000 francs. La station marche si bien que le groupe Total intrigué par les rumeurs les plus folles qui courent sur elle dans la presqu’île, envoie du siège parisien un responsable pour évaluer la situation. Il ne peut que constater que la tenue des jeunes filles n’a tien à envier à l’uniforme de la maison mère. Le chiffre d’affaires de la station finit par le convaincre que la famille mérite la confiance de la société pétrolière

                Années 60.  Françoise aide ses parents l'été à la station service
                Années 60.  Françoise aide ses parents l'été à la station service

Années 60. Françoise aide ses parents l'été à la station service

Quelques années plus tard, Françoise et Jean-Claude Huet qui se sont mariés en 1965 viennent pendant les vacances scolaires aider la famille à s’occuper du camping et de la station service. Ils se souviennent : « On vendait les jours de semaine de 13 à 15 000 litres d’essence et 20 000 le dimanche. Ce jour-là les automobilistes faisaient la queue et l’on avait à peine le temps de déjeuner. Tous les deux jours, un camion citerne assurait l’approvisionnement. »

Du changement dans la gestion.

En 1970 la station est cédée à la sœur ainée Claude et à son mari Pierre Tronel. Ils font construire à gauche de la station une maison et ouvre un magasin de poteries.

                                                     Publicité 1974

Publicité 1974

. La station service sera reprise plus tard par une autre sœur, Rosine, et par son mari Jacky Pichon dont le patronyme est curieusement l’anagramme de Chopin. Le contrat avec Total n’étant pas renouvelé, ils choisissent le groupe pétrolier Avia.

                                       La station change de fournisseur

La station change de fournisseur

Mr et Mme Chopin,aidés de leurs enfants et leurs petits-enfants assurent toujours la direction du camping. En 1990 la famille réunie par Maryvonne fête dans la vaste salle à manger aménagée dans l’ancienne cave leurs quatre-vingts ans et leurs soixante ans de mariage. Tout le monde chante Les Chopin d’abord,* la chanson signée par Jean-Claude, et Alain Morel, le mari de Danièle.

                    Les noces de diamant d'Odette et de Raymond Chopin

Les noces de diamant d'Odette et de Raymond Chopin

                                     Mr et Mme Chopin et leurs six filles

Mr et Mme Chopin et leurs six filles

La fin d’un rêve.

Mais les investissements deviennent trop lourds. Le poids des années les incite à vendre le camping en 1991. L’année suivante, Odette Chopin s’éteint. L’œuvre de toute une vie passe en d’autres mains. Mr Chopin continue d’habiter dans la maison Mon Désir. Un jour de mai 2000, la maison brûle. Pour Raymond c’est un véritable crève-cœur. Lui qui a tant aimé la vie ne s’en remettra pas. Il nous quitte en 2004.**

                                              La villa Mon désir remaniée

La villa Mon désir remaniée

L’image qu’on garde de ce couple profondément attaché à Ronce et passionné par la petite reine est celle du tandem admirable qu’il formait, semblable à celui qu’il enfourchait pour faire des balades.

                                                  Années 50.  Un sacré tandem

Années 50. Un sacré tandem

L’an passé, le camping Mon Désir qui concrétisait le rêve de toute une famille a fermé. La station service, elle, concurrencée comme des milliers d’autres par les grandes surfaces, a cessé toute activité depuis déjà bien longtemps. Les deux sœurs aînées Claude et Gisèle se sont éteintes. Françoise et Jean-Claude habitent en Touraine ainsi que Rosine, Danièle en Normandie. Seule Maryvonne vit toujours dans la presqu’île d’Arvert

           Juillet 1987. De gauche à droite,Jean-Claude, Françoise, Maryvonne et leurs parents

Juillet 1987. De gauche à droite,Jean-Claude, Françoise, Maryvonne et leurs parents

                                 Le cri du coeur d'un fidèle du camping

Le cri du coeur d'un fidèle du camping

 

Si la propriété Mon Désir pouvait s’adresser à tous ceux qui l’ont connue, elle reprendrait à son compte les vers célèbres de Guillaume Apollinaire :

« Vienne la nuit, sonne l’heure

Les jours s’en vont, je demeure » dans votre mémoire.

 

 

 

Daniel Chaduteau

.

 

 

 

* Les CHOPIN d’abord

Non ce n’était pas un dancing

Mais un fouillis ce vieux camping

Qu’on se le dise à Ronce Les Bains

Oui à Ronce les Bains

Y avait là un pèr’penard

Près d’la grand mare des canards

Et s’appelait Chopin d’abord

Oui Chopin d’abord.

Ses filles et leur grande Douce

A tout le monde collait la frousse

Sauf à six gars très beaux, très forts

Oui très beaux, très forts.

Ils épousèrent les six Nanas

En f’sant parfois pas mal d’éclats

Et devinrent des Chopin d’abord

Des Chopin d’abord.

Les Chopin n’aimaient pas le luxe

L’eau et les p’tits cadeaux bonus

Mais ils riaient et parlaient fort

Riaient, parlaient fort.

La discrétion connaissaient pas

Et le silence n’en voulaient pas

Sur les cuisses ils se tapaient fort

Les Chopin d’abord.

C’étaient pas des anges non plus

L’évangil’ ils avaient tous lu

Et ils s’aimaient tout’ voil’s dehors

Toutes voiles dehors.

Rosine, Françoise et compagnie

C’était leur seule litanie

Leur credo, leur confiteor

Aux Chopin d’abord.

Au moindre coup de Trafalgar

C’est la famille qui prenait l’quart

C’est ell’ qui leur montrait le nord

Leur montrait le nord.

Et quand ils étaient en détress’

Qu’leurs bras lançaient des SOS

On aurait dit des sémaphores

Les Chopin d’abord.

Des familles j’en ai vu beaucoup

Mais la seule qu’ait tenu le coup

Qui ait toujours t’nu tête au sort

Tenu tête au sort.

C’était celle du père pénard

Près d’la grand mare des canards

Elle s’app’lait les Chopin d’abord

Les chopin d’abord....

Alain Morel et Jean-Claude Huet

D’après un certain Georges Brassens.

** Poème composé par Rosine en hommage à son père.

Papa chéri

Bon voyage mon papa

Bon voyage

Dans nos paysages

Dans nos yeux remplis de toi

Tu entends, jamais tu ne partiras

Car nos espaces sont les tiens

Ainsi nous te tiendrons la main

Jusqu'au bout

De la roue

En attendant nous levons nos verres

En direction du ciel

Où t'attendent l'Eternel

Et maman

Qui je suis sûre t'espère

Depuis si longtemps

Embrasse-là pour nous tendrement

Tes filles, tes enfants

l

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commentaires

L'ancien 08/06/2015 14:29

Quelle belle histoire ! Je suis né en 1947 et mes parents nous ont emmenés en vacances à Ronce de 1949 à 1952. Les trois premières années nous étions logés chez les Quantin. Il s'agissait d'une famille de routiers qui possédaient des poids lourds. Il me semble qu'ils livraient aussi le charbon. Je me souviens (car c'est la seule photo que j'aie) de « pépère Auguste » sans savoir si c'était un Quantin ou s'il était du côté de Mme Quantin. J'aimerai bien retrouver leur maison... Tout comme d'ailleurs j'aimerai retrouver la maison des Counil qui habitaient non loin de Muds Loup et où nous sommes allés en vacances la dernière année (1959).

jojo 25/03/2014 16:55

Je suis une pièce rapportée dans la famille chopin étant le gendre de Gisèle Chopin. J'ai une grande nostalgie de Mamy et Papy Chopin ainsi que du camping Mon Désir que j'ai connu en 1980 date à laquelle je me suis marié avec Christine la fille de Gisèle. Mon désir où j'ai passé chaque été dans la famille dans une petite maison sur la dune me laisse des souvenirs inoubliables qui sont toujours présents. Les balades en vélos avec Papy Chopin sur la route touristiques, le désengorgement des sanitaires tard le soir, les repas sur la dune, etc il y en a beaucoup.
Très bel hommage à la famille CHOPIN.
RAMBO JOJO

Annie 02/03/2014 18:11

Merci beaucoup Monsieur Chaduteau, pour cette belle histoire,sur la famille Chopin.
Je viens de revivre quelques bons moments, et j'ai eu la chance de rencontrer cette famille .
Cet hommage ils le mérite et je pense très fort à tous, encore bravo !!!!

Christine Ambroise 09/02/2014 19:34

Merci pour ce bel hommage rendu à nos grands-parents et pour l'authenticité de votre ouvrage qui permet aux souvenirs de demeurer....
Christine

Daniel C. 17/02/2014 16:57

Mr et Mme Chopin doivent être très fiers de voir que leurs petits-enfants ne les ont pas oubliés. C'est le plus bel hommage qu'on pouvait leur rendre.

PIN Isabelle 16/02/2014 11:34

J'ai épousé un "PIN", une façon sans doute de garder une partie de mon grand-père avec moi ! Merci beaucoup pour ce très bel hommage, ils me manquent tellement ! et "Mon Désir" tout autant;

Daniel C. 10/02/2014 09:57

Mon désir était de faire revivre le mieux possible l'histoire vécue par vos grands-parents toujours très présente dans la mémoire des Ronçois. Merci pour vos encouragements

huet christophe 09/02/2014 13:59

Merci pour cet hommage à mes grands-parents
Christophe

Philippe Granger 12/05/2014 00:53

Super bons souvenirs de ce camping ou je suis resté aux environs 1970-72, mais aussi de la famille Tronel - très très sympa, accueillante et généreuse . Je suis resté chez eux une nuit quand je faisais un saut a Ronce. J'avais peut-être 15/16 ans! J'ai perdu contact après, étant parti en Angleterre.

Daniel C. 10/02/2014 09:57

Ca était pour moi un plaisir que de retranscrire l'histoire de vos grands-parents. C'est grâce aux témoignages et aux photos que m'ont confiés votre famille que j'ai pu faire revivre Mon désir toujours présent dans la mémoire collective

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