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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 18:14

         Marcel M. fait chauffer les tubes à Ronce les Bains.

 

 

   A l’exception de quelques immigrés italiens comme les Déola et les Migliérina qui, fuyant le fascisme et la misère, ont trouvé du travail à Ronce et s’y sont durablement installés, rares sont ceux qui, originaires d’autres régions de France que le Poitou-Charentes, ont suivi leur exemple. Pourtant  lors d’un  passage éclair dans la station balnéaire, Marcel et Thérèse ont succombé à la magie des lieux et  y ont séjourné un demi siècle en devenant des éléments moteurs de la vie économique et associative de la cité. Jean-Paul Batmalle, leur neveu, a bien voulu remonter le temps pour faire revivre Mr et Mme Mouliet, ces Ronçois de cœur.

 

   Une famille parisienne.

  Marcel Mouliet est parisien. Né dans le 14ième arrondissement en 1905, c’est le premier enfant de Maximin Mouliet et de Marie-Joséphine Auffinger qui donnera quelques années plus tard naissance à un second fils André. Marcel remplit ses obligations militaires en 1925-1926 dans l’armée du Rhin à Mayence. De retour en France un de ses passe-temps favoris est la pratique du sport. Il fait partie de l’équipe de football et rencontre celui qui va devenir son meilleur ami Paul Batmalle, lui également grand sportif.


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                     De gauche à droite assis, Paul est le second. Debout Marcel  est le quatrième

 

Paul en effet excelle en athlétisme. Sa discipline de prédilection est le saut à la perche. Lors d’un concours un journaliste sportif commente ainsi sa performance : « La barre est à 3,65 m annonce les haut-parleurs. Les officiels, les photographes et le public retiennent leur souffle. Paul Batmalle s’élève dans les airs et passe sans coup férir cette hauteur. Il franchit également 3,82 mais échoue à 4 mètres en raison d’un bambou trop court. »


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                                                     Paul Batmalle franchit  3,65 m à la perche


Paul qui a appris le métier de tailleur trouve une place au Bon marché de Vichy. Il devient entraîneur de La Jeanne d’Arc, l’équipe de basket locale.

 

 Une rencontre déterminante.

  Tout naturellement Paul présente sa sœur Thérèse à  Marcel qui, d’emblée, ne reste pas indifférent au charme de cette grande et belle jeune femme.


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             A gauche, Marcel et Thérèse et toute une bande d'amis posent devant cette superbe Delage

 

Les parents Mouliet décident de quitter Paris et viennent s’installer à Magny en Vexin à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Maximin y exerce  le métier de maréchal-ferrant.

 Le 13 octobre 1930, Marcel âgé de 25 ans épouse Thérèse de deux ans sa cadette.


Th & Marcel

                                                                           Les jeunes mariés


Marcel  trouve un emploi comme chauffeur livreur au Bon Marché à Paris.

 


Marcel

                                      Marcel, la sacoche de chauffeur-livreur accroché au cou


Thérèse, ne se contente pas d’être couturière à Magny, elle pratique la même activité à Paris où le jeune couple s’installe rue Lacretelle.

 L’année suivante pour s’évader de Paris et de sa banlieue, ils projettent de découvrir la France. Après un court séjour dans  les Pyrénées, ils traversent  le sud-ouest et font une halte à Ronce les Bains dont leur a parlé un ami musicien. Huit ans plus tard, en 1939, sur l’invitation du même ami accordéoniste qui joue dans l’orchestre de La Chaumière, ils passent quelques jours de vacances à Ronce. La déclaration de guerre de septembre 1939 les contraint à  rejoindre précipitamment la région parisienne.

 

 Choix d’un  autre cadre de vie sous l’Occupation.

 Après l’offensive allemande de mai 1940, les temps sont durs. Aussi le couple Mouliet  choisit-il de tourner la page. Dans le cadre du retour à la terre proposé par le Maréchal Pétain Marcel et Thérèse rallient Ronce bien que la station balnéaire se trouve en zone occupée. Peu de temps après, les suivent le père et la mère de Marcel qui logent à la villa La Fourmi, allée des Lilas où Maximin installe une forge au fond du jardin. Quant à eux, ils habitent d’abord  la villa  Le nid, allée d’Aunis. Marcel installe son atelier dans le garage de cette maison. Il change de couvre-chef. Le béret remplace la casquette.



Le Nid


    Le premier atelier de Marcel  dans le garage de la maison Le nid. En-dessus de l'inscription serrurerie forge, on aperçoit  son prénom. A droite, Thérèse et une amie.


Ils font connaissance de la famille Lecomte qui loge quelques maisons plus loin à la villa P’tit Sou. En 1943 Rommel ordonne la construction du mur de l’Atlantique (opération TODT). Tous les hommes âgés de dix-sept à soixante ans sont requis trois ou quatre jours par semaine pour participer à ce vaste chantier. Ils abattent des arbres dans la forêt domaniale, les débitent, les transportent, s’en servent comme pieux en les enfonçant sur trois rangées de La Pointe Espagnole à Royan. Parmi eux, Marcel et son voisin Mr Jean Lecomte. Les deux compères à l’insu des forces d’occupation dévissent les écrous sur les postes des systèmes de défense. Marcel comme appariteur assermenté de La Tremblade est amené à obtempérer aux ordres de réquisition de l’occupant.


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                                                        Ordre de réquisition datant de 1944


 Quand la population de Ronce est évacuée en 1944, la famille Mouliet s’installe à Dirée dans une petite maison. Le lundi 16 avril 1945, suite au débarquement du Mus du Loup, Ronce, la Tremblade et Arvert sont enfin libérés.

 

   Une conjoncture favorable.

 La guerre achevée, Marcel ne perd pas de temps pour s’équiper. Il achète des barres de fer, des poutrelles, des piquets de fer à socle, des poteaux télégraphiques abandonnés par les Allemands. En 1946, le couple fait l’acquisition d’un  terrain au 27 avenue de la Chaumière. Marcel y construit une petite maison  et son atelier au fond du jardin.


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           La première maison construite par Marcel. Sur un pilier, le panneau publicitaire de la marque Raffigaz

 

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                                      L'atelier de Marcel au milieu de la pinède


L’année suivante, ils emménagent avec chat et chien. Marcel est serrurier mais également plombier. Il utilise pour se rendre sur ses chantiers un vélo et une charrette à bras. Il rembourse en cinq ans seulement le prêt qu’il a contracté car l’activité reprend très fort. La construction en 1948 de la colonie d’Ugine conçue par  l’architecte Olivier Rabaud, les nouveaux aménagements des colonies Hennessy et Melle et la réhabilitation de la Druide que  les Allemands ont occupée,  remplissent pour plusieurs années son carnet de commandes. Les nouveaux lotissements des années cinquante et soixante réalisés  par Mr Eugène Proust, allée d’Ugine, allée des tennis et allée des chanterelles pour ne citer qu’eux, accroissent son activité et offrent l’opportunité d’économies substantielles en temps et en argent car ces allées se trouvent à quelques encablures de chez lui. A cela, il faut ajouter  la gérance du  dépôt de bouteilles de gaz butane de la marque « Raffigaz » dont le stock, aligné le long de la clôture s’accroît d’année en année. Ils tiennent ce dépôt jusqu’en 1972, date à laquelle, il est repris par le garage voisin dirigé par la famille Fotsy. Jean-Paul a retrouvé le carnet de comptes où sont notés les noms et le nombre des abonnés qui approche le millier. C’est dire que Marcel, en un peu plus d’une décennie, est devenu une figure incontournable de Ronce.

 

Des grandes vacances de rêve pour Jean-Paul.

 Jean-Paul qui a découvert Ronce à l’âge de trois ans à la villa Le Nid passe ses premières grandes vacances à Ronce avec son oncle et sa tante en 1951. Il a huit ans. Il y revient régulièrement jusqu’à ses quinze ans. Quand il quitte en train Clermont-Ferrand,  plusieurs heures de trajet lui sont nécessaires pour rejoindre Saujon où l’attend  le Citram pour le mener à bon port devant la place Brochard. La galerie du bus déborde de bagages des estivants venus passer un ou deux mois de congé.

 Jean-Paul sait qu’en  plus de l’amour des siens, il peut compter sur la famille Lecomte et plus particulièrement sur Jean-Claude qui, de dix ans son aîné, l’a pris en affection.


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       Devant la place Brochard, de gauche à droite Jean-Paul, Jean-Claude Lecomte et sa soeur Chantal

       (troisième et sixième)


Il l’emmène  souvent pêcher ou faire des tours de périssoire. L’enfant circule à  vélo dans les allées et participe au bal costumé de La Chaumière.


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      1951. Au centre,devant La Chaumière, Jean-Paul joliment entouré par deux demoiselles en robe


Ses compagnons de jeux, Christian et Renaud Guitard habitent comme lui avenue de la Chaumière à la villa Saint-Appoline, la sainte patronne des dentistes. Le soir, la joyeuse troupe se donne rendez-vous place Brochard devant le billard japonais. Jean-Paul adore piloter le bateau télécommandé, avant de faire des parties de baby-foot en écoutant le juke-box  cracher les chansons des rockers Gene Vincent, Bill Haley et Henri Salvador. Soudain la clochette qui tintinnabule aux alentours de 22 heures annonce que les sucettes chaudes de Mr José Lopez sont prêtes à être dégustées. Chaque soir, devant une cinquantaine de personnes aux anges, il fait son show. Il malaxe le sucre en mélangeant les couleurs. Puis le peintre se métamorphose en magicien et en jongleur lorsqu’il lance la pâte et décrit des arabesques en levant les bras. Il dompte la matière qui lui obéit au doigt et à l’œil sous les applaudissements du public. Ses mains expertes n’ont plus qu’à en  faire une espèce de long et fin boudin qui gît sur la plaque en marbre et à le couper avec le ciseau adéquat. Chacun se presse pour acheter le sucre d’orge tant convoité et en premier lieu les enfants qui veulent imiter le prestidigitateur en donnant à cette confiserie des formes étranges avant qu’elle ne se refroidisse.

Jean-Paul n’a pas oublié ces moments d’autant plus délicieux qu’ils ont été financés avec l’argent qu’il a gagné. Ces grandes vacances sont aussi pour lui l’occasion de faire l’apprentissage de la vie active. Pour transporter les bouteilles de gaz, Marcel a fabriqué un chariot que Jean-Paul accroche à son vélo. A chaque livraison le jeune garçon souriant, poli et débrouillard, reçoit quelques pièces, juste fruit de son investissement. Chaque fois qu’il est sollicité par son oncle, il ne répugne pas à l’accompagner sur les chantiers. A Ronce, il lui donne un coup de main par exemple pour l’installation du grillage de quatre mètres qui entoure le terrain  privé au bout duquel se dresse le fronton contre lequel on joue à la pelote basque.


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                      A gauche, l'ancien grillage qui clôturait le terrain de pelote basque


Un de ses souvenirs les plus marquants, c’est d’avoir circulé sur un chariot wagon du petit train, assis sur des sacs remplis de pommes de pins, chariot sur lequel Marcel et Jean- Claude, tels des gondoliers, manœuvraient à tour de rôle une grande perche pour le faire avancer.  Jean-Paul se rappelle cette anecdote datant de 1953 : « Une fois encore mon oncle m’avait demandé de le seconder. Nous voilà partis près du phare de la Coubre où nous attendaient des Cosaques qui, sans doute habités  par la nostalgie, avaient émis le vœu de camper dans les lieux qu’ils avaient fréquentés dix ans auparavant. Lorsque Marcel a creusé pour installer la pompe à eau qui leur faisait défaut, il a entendu un bruit métallique suspect. En dégageant la cavité avec précaution, il a déterré un obus. J’ignore s’ils ont pu concrétiser leur projet mais nous, nous avons  repris la route sans tarder. »

Le jeune homme est présent également en 1957 lors de la réalisation du projet de golf miniature créé par Mr Bornet que gèrent toujours sa fille Christiane et son mari Patrick Paradon. Marcel procède à la pose des bordures métalliques des dix-huit trous du parcours.


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           Le golf miniature toujours en service depuis plus de 50 ans. Derriére les deux courts des anciens 

               tennis 


Cette même année, le jour de la Saint-Valentin, la digue souffre devant les assauts répétés de vagues déchaînées, celle de la Louisiane est elle aussi endommagée.


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                                   La digue ravagée par la tempête de février 1957


 Jean-Paul passe ses dernières grandes vacances à Ronce en 1958. Il quitte avec regret la balançoire qui lui a servi de toise pendant toutes ces années. Lors du lancement du tracé de la route touristique, il est aux premières loges assis sur son vélo.

 

Une entreprise florissante.

 Dans ces années 50, propriétaires et locataires saisonniers aspirent à plus de confort. Chaque villa se doit d’être équipée d’une douche et d’un chauffe-eau. Ce dernier est accroché au-dessus de l’évier de la cuisine et ne ressemble en rien aux actuels cumulus. Il a une propension à ne pas s’allumer surtout s’il n’a pas fonctionné pendant un certain temps. Marcel, qui, à cette époque, n’a pas ou a peu de concurrents arrive à être la personnalité la plus courue de Ronce car il assure les urgences au même titre qu’un grand chirurgien. Mais ses heures de gloire, il les acquiert dans les années soixante grâce à la mise en œuvre quasi industrielles des clôtures. Les portails en bois des années d’après guerre n’ont pas résisté longtemps au sel marin et aux insectes xylophages. Il faut se rendre à l’évidence seul l’acier peut accroître leur durée de vie. Alors il embauche deux ouvriers dont Emile Lasserre qui habite à La Tremblade, route de Ronce à côté du bar-restaurant Tout debout. A l'atelier, Emile à force d' actionner la presse hydraulique pour le cintrage des montants arrondis devient un expert. Presque toutes les allées de Ronce arborent encore ce type de portail ou de clôture si bien qu’on peut dire que les tubes de Marcel sont toujours en tête du hit-parade ronçois.


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                     Allée d'ugine, les portails Mouliet des années 60 n'ont pas pris une ride


  Parmi ses autres réalisations, citons des lampadaires, l’inscription en fer forgé Foyer ronçois qui figure sur le bâtiment et le tronc de Saint-Antoine à la chapelle.


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                            Ce tronc créé par Marcel ressemble à un coffre-fort


Enfin, parmi bien d’autres activités, il est chargé par la colonie d’Ugine qui jouxte son terrain de procéder au montage et au démontage du mât des couleurs qu’il stocke dans la salle à manger et des grandes tentes dont il a fait le soubassement.


Colonie d'Ugine. Marcel assure la maintenance des sanitaire

Colonie d'Ugine. Marcel assure la maintenance des sanitaires, au centre, et procède au démontage des tentes


 Pour mener à bien sa tâche, il achète une Peugeot 203 commerciale qui remplace son ancienne camionnette. Par la suite Marcel restera fidèle à la marque au lion.

 Les Mouliet prennent peu de vacances. Ils partent généralement quelques jours au volant de leur véhicule professionnel, après la saison, début octobre comme en 1956 à Lisieux et au Mont Saint-Michel. Une autre année, ils visitent la Savoie et séjournent dans un centre de vacances de la société Ugine. En 1962, après avoir échangé un terrain avec la famille Roger, ils font bâtir une nouvelle maison qui se situe à côté de l’ancienne au 25 avenue de la Chaumière. Quand sonne l’heure de la retraite en 1972, c’est ici qu’ils s’installent. Ils l'appellent La Musardière nom qui invite à perdre son temps, à retrouver un rythme de vie plus paisible.


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                                                                        Leur seconde habitation, La Musardière


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                                                        Le superbe portail dessiné et réalisé par Marcel

 

 Une battante.

  Thérèse pendant toutes ses années, n’a pas cessé de prêter assistance à son mari  en se chargeant de la comptabilité et de toutes les tâches administratives. Elle s’est aussi fortement impliquée dans la paroisse en faisant partie dès l’origine du conseil d’administration de l’Association Saint-Joseph, en œuvrant comme sacristaine à l’entretien de la Chapelle de Ronce et comme bénévole à l’organisation des kermesses dans le parc du Logis, allée des seringas où elle a le plaisir de retrouver en 1969 son neveu Jean-Paul accompagné de son épouse Marie-Claire.


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         Lors de la kermesse, Thérèse vend les crèpes qu'elle vient de faire dans le parc du Logis


Les années passent .En cette année 1987, la santé de Marcel se détériore rapidement. Il est admis à l’hôpital de Royan à Vaux / Mer où il décède à  l’âge de 83 ans. Ses obsèques ont lieu dans la chapelle de Ronce. Il est inhumé au cimetière de La Tremblade où reposent déjà ses parents.

  Thérèse, femme énergique, au caractère bien trempé, va continuer à vivre seule dans sa maison de façon autonome jusqu’au jour où elle tombe et reste toute une nuit allongée sur le carrelage. Jean-Claude Lecomte, un de ses voisins, inquiet de voir ses volets fermés à 10 heures du matin prévient les pompiers qui fracturent la fenêtre et la conduisent à l’hôpital. Victime d’une complication pulmonaire, elle est enlevée à l’affection des siens en 2003 à l’âge de 96 ans. Elle repose au côté de son époux au cimetière de La Tremblade. N’ayant pas de descendant en ligne directe, elle désigne par testament Jean-Paul comme légataire universel. Il hérite ainsi de la maison de Ronce.


  Le couple Mouliet  appartient à cette génération qui connaît deux guerres mondiales, à cette génération qui se lève tôt, qui ne compte pas ses heures, qui reste économe, qui innove en prenant des risques, qui est fidèle en amitié et dévouée pour les autres à l’instar de beaucoup de nos parents ou de nos grands parents.

Cette génération inspire le respect et l’admiration. Il faut voir avec quelle émotion Jean-Paul raconte le moindre détail de l'existence de son oncle et de sa tante. Leur principal mérite est sans doute d’avoir donné des repères au jeune garçon qu’il était, tout en lui faisant aimer Ronce

    A son tour, en mettant ses pas dans ceux de Marcel et de Thérèse, il perpétue avec son  épouse la tradition familiale pour le plus grand bonheur de ses enfants et de ses petits enfants prêts eux aussi à reprendre le flambeau en suivant la route qu'il leur a tracée.


 

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             1956. L'image d'un bonheur simple: une ballade en bateau avec leur chien devant La Cèpe


Un des poèmes préférés de Thérèse, signé par la Ronçoise Paulette Courtin, résume à merveille les aspirations et la vie de ces gens qui ont traversé le siècle dernier :

 

Si l’on pouvait.

 

On devrait pouvoir aller

Vers le fond des années à pas feutrés

Sans jamais rien bousculer

Tranquillement doucement se retirer.

 

On ne devrait jamais souffrir

Ne jamais connaître de la vie le pire

Tout ce qui nous arrive à nous détruire

On devrait toujours pouvoir sourire.

 

Il ne devrait y avoir de misère

Tout devrait être beau sur la Terre

Il faudrait pouvoir gommer les guerres

En mon cœur une douce prière.

 

On devrait pouvoir aimer

Etre pour un cœur toute la destinée

Sans crainte sans se blesser

Etre deux au fil des années.

 

On devrait arriver à la fin

De sa vie sans en avoir chagrin

Doucement comme le sable fin

Du sablier glissant et que se referme sur nous l’écrin

 

 

                                                                                                                  Daniel Chaduteau

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