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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 09:42

 

 

 

                                                              Ronce les Bains fait son cinéma.

 

   On n’arrête pas le progrès. Au moment où le tout numérique investit la télévision et les salles de cinéma, il est bon de se souvenir qu’une invention française brevetée le 13 février 1895 concluait les travaux étalés sur de longues années portant sur l’étude du mouvement, son enregistrement et sa reproduction sur écran. Ainsi, le 28 décembre 1895 eurent lieu les premières projections publiques de photographies animées à l’aide du Cinématographe, appareil inventé par les frères Lumière dans le sous-sol du Grand Café boulevard des Capucines à Paris. Pour un franc seulement, dans le salon Indien, trente cinq spectateurs, interdits, ébahis, médusés, eurent le privilège de voir des films de 17 mètres dont la durée n’excédait pas la minute.

 

Arrivée du cinéma en Charente Inférieure.

 Cette innovation ne laisse pas évidemment indifférents les entrepreneurs de spectacles de notre région. Le 19 juillet 1896 le Mémorial de Saintes reprend l’information de la Gazette de Royan : « Le vrai Cinématographe Lumière sera installé prochainement au Casino Municipal inauguré l’an passé. Ce sera une attraction sensationnelle si nous en jugeons par le succès colossal qu’obtient chaque jour ce Cinématographe à Paris. »  Charly Grenon, dans son excellent livre Les temps héroïques du cinéma dans le Centre Ouest, relate qu’à Fouras en 1900, le directeur du casino Mr Campi décide d’augmenter ses recettes en faisant construire dans la salle de spectacle une cabine de projection haute de  trois mètres. Le rideau de scène, recouvert d’une étoffe blanche, fait office d’écran. Il n’est pas impossible que le casino du Grand Chalet de Ronce les Bains ait organisé quelques projections. C’est du moins ce qu’affirmait le père de Mme Ducamp. Cette dernière malheureusement vient de nous quitter. Son fils Claude et elle-même avaient gentiment accepté,  il y a peu de temps, d’évoquer l’implantation du cinéma à Ronce.

 

 Les pionniers du cinéma  d’avant guerre.

 Mme Lise Dandonnnaud, originaire de Dolus comme son père Célestin,  a vu le jour en 1918.  Ce dernier, après avoir servi dans la marine, devient à La Tremblade syndic des gens de mer.  Lise fréquente l’école primaire de cette localité et y apprend le métier de couturière pour se mettre à son compte. Pierre Ducamp, lui, exerce le métier d’opérateur. Il fait la connaissance à Biarritz de Mr Marquette qui l’engage. Ce dernier est, dans toute la Saintonge, un des pionniers du cinéma itinérant. C’est le maître d’œuvre des tournées du cinéma Florida. Il dispose d’un projecteur 16 mm, d’une cabine pliable que l’on  peut installer sur le toit d’un véhicule, sur une place, dans une salle des fêtes ou dans un café. Les chaises sont trouvées sur place. On se sert le plus souvent d’un drap comme écran. Les bobines sont collées pour éviter au maximum que le film soit interrompu : une bobine pour les actualités, trois ou quatre pour le film. Mais il faut ensuite les décoller, ce qui est particulièrement fastidieux. A Ronce les projections ont lieu  le plus souvent dans la vaste salle du dancing de La Chaumière mais également au Café de Paris. Michel Garnier, l’ancien charcutier de La Tremblade, se souvient  d’y avoir vu en 1936, alors qu’il n’avait que cinq ans, un film muet qui l’avait fort impressionné, le fameux   Arrivée du train en gare de La Ciotat  des frères Lumière.


Projection organisée par Mr Marquette à La Chaumière dan

     Affiche du film Alerte  en Méditerranée  projeté par Mr Marquette à  La Chaumière dans les années 50 

 

        Ancien Café de Paris où étaient projetés des films avan

                                                            Le Café de Paris, autre lieu de projection

 

   En 1937 à Royan, Emile Couzinet, directeur du Casino,  crée l’un des quatre studios français  de province, le seul sur la côte atlantique. Il dispose de cinq plateaux, d’une piscine, d’un éclairage de 1500 ampères. N’ y seront tournés que quatre longs métrages ; en effet il sera complètement rayé de la carte par les terribles bombardements survenus en janvier 1945.  

 Lise et Pierre Ducamp, qui se sont rencontrés dans la presqu’île d’Arvert, se marient en 1938.


Pierre et Lise Ducamp, créateurs du cinéma Saint Martin

                                                     Pierre Ducamp et son épouse Lise devant le brise-lame

 

Le jeune couple s’installe à Saintes. Mr Marquette habite à cette époque là, à la Tremblade. Avec la déclaration de guerre de septembre 1939, l’activité de la  tournée Florida s’achève, Mr Marquette et Pierre étant mobilisés. Lise part alors pour Ronce et rejoint ses parents Célestin et Marcelle Dandonnaud qui logent avenue de L’Océan à la villa Yann. C’est ici qu’en octobre, elle met au monde son fils Claude qui peut se targuer d’être un vrai Ronçois.


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         Lise Ducamp et ses parents Célestin et Marcelle Dandonnaud devant la villa Yann


 Lise raconte, qu’en juin 1940 à Dunkerque, le bateau sur lequel a pris place son mari Pierre est coulé. Le jeune homme se tire d’affaire miraculeusement, réussit à  rejoindre la côte et  rallie Ronce à pied et à vélo. Pendant la guerre il organise avec son épouse  quelques tournées avec le Florida. Mais la plupart des projections se tiennent dans la salle de Matha.

 Mr Marquette, revenu aux affaires, continue ses séances hebdomadaires à La Chaumière en semaine et à la salle Jeanne d’Arc à Etaules chaque week-end. Mais Lise et Pierre le quittent pour voler de leurs propres ailes.

 

 La création d’un vrai cinéma à Ronce.

 A Ronce, après guerre,  ils projettent leurs films  dans les chais vétustes  du Chalet Saint Martin. Lise rapporte qu’un soir une partie de la toiture s’effondre près de la cabine. Dieu merci, personne n’est blessé, mais le sort de ce lieu est  scellé. Il vient de vivre sa dernière séance.Les chais Saint Martin où se déroulaient les projections

  Au premier plan, les chais Saint Martin où se déroulaient des projections avant la construction du cinéma ronçois

 

  Cet incident donne l’idée au couple Ducamp de construire une salle de cinéma digne de ce nom sachant bien qu’elle va  fatalement  concurrencer, en partie, l’activité de  leur ancien employeur. Pourquoi Pierre et Lise l’appellent-ils Saint Martin ? D’abord parce que ce  nom est familier pour les spectateurs des chais, ensuite parce qu’il se situe avenue de Beaupréau dans le prolongement de l’avenue de Saint-Martin, et surtout parce que Célestin a bien connu le très aimable François de Saint Martin dont le père Paul est l’un des fondateurs de Ronce. En lui donnant ce nom, c’est une façon pour eux de rendre hommage à cette vieille famille ronçoise. C’est l’entreprise de bâtiment Boursier qui se charge des travaux à la fin des années quarante.A droite de la villa, espace où sera construit le cinéma

                                         A droite de la villa, espace où sera construit le Saint Martin

 

  Les plans prévoient la réalisation d’un cinéma d’une capacité de 400 places. «  L’emprunt fait sur 20 ans est remboursé au bout de dix », dit avec fierté Mme Ducamp. A Coutras, simultanément, ils font l’acquisition du cinéma Comoedia. Ils gèrent également la salle des fêtes Le Sully dans laquelle se produisent les fameuses tournées Barret et la revue  Tichadel.

Lise et Pierre s’installent définitivement à Ronce à la villa Bois clair allée Favier Belle  en face de L’Hostellerie de Saintonge avant d’acheter, en 1954, un terrain situé avenue Gabrielle à côté du restaurant Côte d’argent et d’y faire rebâtir la maison sinistrée, détruite pendant l’Occupation.

 

Le Saint Martin.

  Le hall d’accueil très étroit n’a guère changé. La caisse occupe le même emplacement qu’à l’origine. Un large escalier, sur la droite, qui mène à la cabine devait desservir un balcon de cent places qui ne verra jamais le jour. La scène offre la possibilité aux troupes d’amateurs   de mettre en scène des pièces de théâtre ou aux écoliers, leur spectacle de fin d’année. La forme générale du bâtiment ainsi que sa façade et son fronton n’ont pas subi de modifications. Le cinéma Saint Martin, années 70

                                                     Le cinéma Saint Martin dans les années 1970

 


 Au début de son exploitation, le cinéma fonctionne toute l'année. L'allée centrale actuellement décalée sur la gauche, l'est sur la droite. L'hiver,  c'est de ce côté, qu'on enlève plusieurs rangées de sièges pour installer le vaste poêle alsacien autour duquel se regroupent les spectateurs transis de froid. Comme les temps sont durs, Célestin Dandonnaud en homme prévoyant qu'il est, a pris soin d'inciter les amoureux  du septième art à ne pas oublier d'apporter une bûche pour pouvoir entretenir l'appareil de chauffage.

  Les premières rangées de sièges sont en bois. Les autres, en skaï rouge, sont fabriqués à Mussidan par la maison Francisque. Les cinéphiles se pressent dans les années 50/60 pour voir les films emblématiques comme Le train sifflera trois fois en 1952, 20000 lieues sous les mers en 1953, Le mouton à 5 pattes où triomphe Fernandel en 1954, Le Pont de la rivière Kwaï, Ben Hur, West Side Story… Pendant la saison estivale, les files de queue s’allongent sur plusieurs dizaines de mètres,  le cinéma fonctionnant lors des vacances de Pâques et les trois mois d’été. En effet à cette époque-là, la rentrée scolaire s’effectue le premier octobre (le 16 septembre à partir de 1960). Publicité 1975

                                                                                         Publicité 1975

 

Quand les séances ne sont pas pleines, des petits malins prennent le billet le moins cher. A l’entracte, ils sortent les premiers pour repérer les places libres et bénéficier ainsi de sièges plus confortables. Mais au fil du temps, le ressort central du siège en skaï se fatigue, manque de souplesse et a la fâcheuse tendance à rentrer dans les fesses. Pour se rendre aux toilettes, il faut traverser la salle dans toute sa longueur ce qui n’est guère pratique et manque pour le moins de discrétion. Aussi seront-elles déplacées à l’entrée.

 

Séance au Saint Martin dans les années cinquante.

  La séance comporte deux parties : dans la première, les spectateurs peuvent s’informer avec les actualités Gaumont ou Pathé précédées d’un documentaire d’une vingtaine de minutes ou parfois, pour la plus grande joie des enfants, d’un ou de plusieurs dessins animés.  L’entracte d’un quart d’heure environ permet aux ouvreuses Mmes Mathard, et Chardavoine d’haranguer le public en reprenant le refrain de la chanson d’Annie Cordy de 1953: «  Bonbons, caramels, esquimaux, chocolats  » Demandez ! auquel répondent des jeunes gens effrontés certes, mais qui ont le rythme dans la peau et un goût certain pour les calembours : « Sucez les mamelles à Lollobrigida ». L’actrice italienne, juste avant notre icône nationale Brigitte Bardot, est devenue un sexe-symbole depuis sa prestation dans le film de Christian Jaque, Fanfan la tulipe  film de 1952, vu par sept millions de Français. Le soir, les chocolats glacés sont apportés vers 21 heures 30 par les pâtisseries Duverdier et Piochaud . Toute la famille est à pied d’œuvre. Même Célestin apporte son concours en contrôlant les tickets. Claude se souvient d’avoir tout fait : caissier, contrôleur, opérateur, ouvreur.


Claude Ducamp sur la terrasse de sa maison avenue Gabrielle

  Claude Ducamp,sur la terrasse de sa maison avenue Gabrielle, secondait ses parents l'été au Saint Martin

 

Les soirs de grandes chaleurs, l’entracte peut durer une demi heure. Tant que les ouvreuses n’ont pas achevé leurs ventes, entre autres, les fameux bonbons de La Pie qui chante, la séance ne débute pas. Il faut dire qu’elles ont  un pourcentage sur la recette et que certains soirs les pourboires arrivent à être substantiels car faute de pièces, elles ne peuvent plus rendre la monnaie. Pour faire patienter les spectateurs, quelques publicités sont projetées. C’est l’époque bénie de Jean Mineur. Ce jeune garçon, dessiné par Albert Champeaux, personnage éponyme du grand publicitaire originaire de Valenciennes, lance son piolet qui atteint la cible en son centre ; celle-ci se retourne sur le champ et une voix off nous donne le numéro de téléphone Balzac : 0001 et l’adresse : 79 avenue des Champs Elysées Paris, tandis que le jeune Jean Mineur réapparaît dans la cible en clignant de l’œil.


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 Puis descend un rideau sur lequel on trouve les publicités locales. Pour satisfaire  les retardataires, on a même ajouté des chaises au mépris des règles de sécurité. La climatisation n’existe pas encore. L’ambiance est surchauffée et souvent, on attend que les lumières s’éteignent pour ouvrir les larges vasistas situés de part et d’autre de la salle afin d’éviter, au maximum, l’invasion des moustiques. C’est dire que l’obscurité est accueillie comme une délivrance par des ouf de soulagement. Certains ont eu la riche idée de se prémunir contre les piqûres si bien que des effluves de citronnelle envahissent la salle. Les jours de pluie,  une séance supplémentaire est prévue en matinée. L’été,  pendant les années 60, une séance à 23 h 45 réjouit les amateurs de films fantastiques ou d’horreur.


Vue aérienne du cinéma Saint Martin avenue de Beaupréau,

                     Vue aérienne du cinéma Saint Martin, avenue de Beaupréau,années 70

 

Des successeurs à la famille Ducamp.

  La famille Ducamp va gérer le cinéma jusqu’en 1966, date à laquelle, Mr et Mme Lerin originaires de Damvix en Vendée s’en portent acquéreurs. Malheureusement pour des raisons de santé, Mr Lerin se voit dans l’obligation de le céder à Mr René Bourroux.


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          La famille Bourroux devant le Saint Martin. De gauche à droite, René, Philippe, Claudette, Christian.

 

En 1969, ce dernier en assure la gérance avant d’en devenir propriétaire l’année suivante. Il rachète également en 1977 à Mr Seugne, le cinéma Apollo situé Quai de l’Atelier à La Tremblade. Pour des raisons pratiques et pour éviter de désorienter la clientèle, il conserve le nom Saint Martin. Pendant quelques années le cinéma ne fonctionne que l’été et l’Apollo, lui, toute l’année. René, ce grand serviteur du cinéma n’est pas un néophyte. De 1950 à 1969,  comme ses prédécesseurs, il est tourneur, il passe de ville en village pour projeter les films en 16mm. Il crée également à Barbezieux en 1982,  Le Club, premier complexe cinématographique en milieu rural

 

 Le Surf, le Palmyre, le Cristal, cinémas en presqu’île d’Arvert.

Après  quarante ans de bons et loyaux services, le Saint Martin donne des signes de faiblesse. Une réfection  s’impose. Celle-ci s’effectue en un temps record,  pas plus de six semaines entre  mi-mai et fin juin 1987.


La salle du Cristal rénovée en 1987

                                                             La salle du Cristal rénovée en 1987

 

Quinze ouvriers réaménagent complètement la salle dont ils n’ont conservé que les murs. Or il se trouve que la même année, la réalisatrice Marion Hansël tourne  à Ronce villa du Dauphin vert quelques séquences du film Les noces barbares, tiré du roman de Yann Queffélec, lauréat du prix Goncourt.

    Le cinéma ronçois, restauré et rénové, est débaptisé parce que certains estivants s’imaginent que le Saint Martin n’est rien d’autre qu’une salle de  patronage. Christian  Bourroux, son fils, gérant de la Société la Sarl SECIC (Société d’exploitation cinématographique inter Charentes) l’appelle Cristal, nom qui lui évoque transparence, lumière et pureté.

                                                                                              

 

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Christian Bourroux dans la cabine de projection du cinéma

                    Christian Bourroux dans la cabine de projection de l'Apollo  dans les années 80


En 1999,  à la demande de la municipalité de  Saint Palais il s’occupe de l’exploitation du Surf. Trois ans plus tard, René, son père décède.  En 2005, il exploite également aux Mathes  le Palmyre dans la salle multi loisirs. Ses employés Francis Thébault et Jacques Oger sont des opérateurs chevronnés.


Francis Thébault, caissier et projectionniste du cinéma C

                                 Francis Thébault, caissier et projectionniste au cinéma Cristal



Jacques Oger dans la la cabine de Projection du Cristal.

                                              Jacques Oger dans la cabine de projection du Cristal  

 

Jacques, par exemple, a appris le métier en 1964 à La Tremblade au Stella fermé dans les années 70 et à L’Apollo  qui connaîtra le même sort en 1996. Les deux dernières ouvreuses de ces deux cinémas qui se nomment respectivement Lucette Neau dite La Marquise et Yvonne Magliocca habitent toujours à La Tremblade.


Vue aérienne du quai de l'atelier où se trouvait le ciné

         Vue aérienne du quai de l'atelier à La Tremblade .  A droite on aperçoit  l'Apollo fermé depuis 15 ans

 

C’est Jacques qui a formé Francis mais, à l’inverse, c’est Francis qui forme Jacques maintenant, l’élève ayant dépassé le maître. L’un et l’autre assurent l’été quatre projections par jour, les copies de trois ou quatre films passant d’une salle à l’autre. Mille kilomètres au compteur chaque semaine pour la rotation des copies. A Ronce, ils utilisent un projecteur V8 de marque Victoria Cinémeccanico fabriqué à Milan. Le programmateur Véociné32 qui travaille avec deux cents salles du Sud-0uest  est basé à d’Egleton. Un film comme Inception comporte 7 bobines de 600 mètres chacune. La capacité actuelle du Cristal est de 240 places auxquelles il faut ajouter 20 strapontins. La salle équipée du dolby stéréo est également climatisée.


Le Cristal en 2008

                                                                              Le Cristal en 2008

 

« Quand on aime la vie, on va au cinéma. »

 Ce slogan, apparu au début des années 70 est toujours d’actualité et vient contredire les sondages pessimistes sur le moral des Français. En effet, en 2010, avec 206,5 millions d’entrées tous films confondus, la fréquentation des salles obscures  est au plus haut depuis 43 ans (1967).Queue en matinée devant le SaintMartin                                 Queue en matinée devant le Saint Martin, dans les années 70


Cette augmentation est due à la qualité des films proposés,  aux nouvelles technologies comme l’apparition des films en trois D qui représentent à eux seuls 33 millions d’entrées et à l’utilisation de projecteurs numériques de plus en plus nombreux. Le Cristal, à son tour, ne va pas tarder à s’en équiper.* Cet engouement touche toutes les tranches d’âge si bien que force est de constater qu’aller au cinéma reste la sortie préférée des Français. Les habitants de Ronce et plus largement de la presqu’île ont le privilège de voir des films en avant- première nationale comme récemment La fille du puisatier et même mieux avec Le Moulin sous les étoiles, une avant-première en présence de l’équipe du film.

 

 Pas de retraite pour le Cristal.

  Si le Saint Martin, devenu Cristal, ouvert de nos jours onze mois durant, existe toujours plus de 60 ans après sa construction, on le doit à l’acharnement de deux familles de cinéphiles Mr et Mme  Pierre Ducamp qui l’ont fait naître et Mr et Mme René  Bourroux qui l’ont rénové pour le plus grand bonheur des Trembladais, des Ronçois et des vacanciers.


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                                       Le Cristal en1994 devant lequel sont affichées des photos de films

 

Oui le cinéma est un art,  n’en déplaise à Georges Duhamel qui écrivait en 1930 que « C’était un divertissement d’ilotes, un passe temps d’illettrés, de créatures misérables ahuries par leur besogne et leurs soucis » parce que, comme le disait Méliès : «  C’est le produit de tous les arts. » Qui plus est, il a le pouvoir magique d’apprivoiser le temps qui passe. Si vous en doutez, allez visionner sur internet le film de 38 secondes des frères Lumière La mer (baignade en mer) film  qui, en 1895, était au programme de la première séance à Paris. Vous y verrez, en maillot de bain, des enfants et des adultes qui courent sur un ponton étroit et sautent dans la mer, agréable façon de préparer et de se mettre dans l’ambiance de la Fête des bains de mer de la Belle Epoque, prévue du 20 au 23 juillet 2011 à Ronce bien-sûr. Peut-être partagerez-vous, vous aussi, l’avis de ces spectatrices  qui, admirant Ramon Novarro, l’interprète principal de Ben Hur dans le film de Fred Niblo de 1926,  déclaraient avec des trémolos dans la voix : « Il n’ y a pas à dire, les hommes étaient plus beaux en ce temps- là ».         

                     

                                                                        Daniel Chaduteau


 

  *Le Cristal est désormais doté d'un projecteur numérique et de la 3D. La première projection gratuite en numérique a eu lieu le vendredi 22 juin 2012 à 17h30. Au programme, un court- métrage réalisé par des élèves du collège Fernand Garandeau.


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             Christian Bourroux à droite et Jacques Oger devant le nouveau projecteur numérique


L'âge de glace 4 a été le mercredi 27 juin le premier film en 3D. Les peintures du hall d'accueil et de la façade ont été refaites.                                                                              

 

 

 


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